Alain Juppé, candidat à la primaire à droite en vue de la présidentielle 2017 a défini les contours de ce que serait sa politique culturelle, identifiant trois axes essentiels, l’éducation, la création, le patrimoine, disant vouloir à la fois « libérer et sécuriser » l’économie de la culture.

Dans une interview à France Culture vendredi, et jeudi à Bordeaux dans un discours au Forum d’Avignon, sorte de « mini-Davos culturel », Alain Juppé a déploré l’essoufflement d’un « modèle français » de politique culturelle imaginé par André Malraux (ministre de 1959 à 1969): un modèle « bousculé par la mondialisation » et surtout fragilisé par « la rareté de l’argent public qui fait que nous devons trouver d’autres modalités pour ouvrir la politique culturelle, d’autres partenariats ».

Le plus populaire des présidentiables de droite dans les sondages a aussi dénoncé un ministère de la Culture « à la peine, à l’image des ministres qui se succèdent », et « inapte à jouer (son) rôle stratégique, d’expertise, d’impulsion et d’anticipation ». Pour M. Juppé, Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ont « peut-être pas exprimé dans leur politique la priorité à la culture comme elle le mérite ».

L’ancien Premier ministre – qui a exposé son projet sur l’éducation dans un ouvrage « Mes chemins pour l’école », publié en aout dernier -, a affirmé placer la culture « au coeur de (son) projet national et européen, autour des « trois piliers » que sont éducation, création, et patrimoine.

Dans l’éducation, il prône notamment que chaque élève bénéficie d’un « parcours cohérent et prolongé » d’apprentissage culturel jusqu’au bac, comprenant « histoire des arts, rencontre avec les artistes et les oeuvres, et apprentissage d’une pratique artistique ». Et que cet apprentissage soit « sanctionné dans le socle commun que sont censés maîtriser tous les jeunes Français à l’issue de leur scolarité obligatoire ».

En matière de création, Juppé entend à la fois « défendre et soutenir » par un « service public dynamique » notamment l’édition, le maillage de librairies, le cinéma et les créateurs. Ce qui passe, selon lui, par « être vigilants et combatifs » sur les droits d’auteurs, « assumer et conforter un régime de l’intermittence » qui « préfigure une forme de souplesse alliée à la sécurité ». Il souligne l’importance de développer le mécenat, et voudrait un « Acte 2 » du mécénat, prolongeant la loi Aillagon de 2003.

Enfin en matière de patrimoine, le maire de Bordeaux s’est dit partisan d’un « plan d’investissement décennal » qui serait associé à un plan de formation de main d’oeuvre spécialisée. Et il convoquerait des « Etats généraux du patrimoine » sur ces thèmes, non seulement de conservation ou restauration, mais aussi d’espaces architecturaux et urbains nouveaux, pour remettre « harmonie et équilibre » à la périphérie des villes.