Plusieurs milliers d’étudiants et de lycéens rejoints par des salariés ont commencé à manifester contre le projet de loi travail à Paris jeudi en début d’après-midi, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les étudiants ont emmené le cortège, qui doit aller du quartier Montparnasse aux Invalides, derrière une banderole « La nuit c’est fait pour baiser, pas pour travailler ».

« Je suis là pour dénoncer le symptôme d’une évolution néolibéraliste de la société », théorise Mathieu 27 ans, préparant l’agrégation. « Il y a une crise financière, ils décident d’une austérité et ensuite ils ajustent les salaires et le droit du travail : c’est une orientation de la société que je refuse », explique-t-il.

Pour Camille, 19 ans, étudiante en première année de licence en Sciences politiques à Paris 8, tout n’est pas à jeter dans le projet de loi porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri. « Je suis là pour demander le retrait des dispositions qui me dérangent : le barème des indemnisations prud’homales et les licenciements économiques. Car on nous la fait pas, tout ça, c’est plus à l’avantage des patrons que des salariés », dit-elle.

Selon la présidente de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) Zoïa Guschlbauer dans le cortège, le mouvement des jeunes contre le projet de loi El Khomri « va encore prendre de l’ampleur ».

« Il n’y a pas d’essoufflement de la manif aujourd’hui, on a les mêmes chiffres que la semaine dernière », a déclaré cette élève de Terminale S, annonçant que l’organisation lycéenne appelait « tous les lycéens à descendre dans la rue le 31, contre la loi travail et pour notre avenir ».

Sept syndicats et organisations de jeunes (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) sont à l’origine de cet appel à manifester contre le projet de loi travail, présenté jeudi matin en Conseil des ministres.