Des dizaines de lycées ont été bloqués jeudi matin, de même que Sciences Po Paris et Paris 8 selon des sources concordantes, pour demander le retrait du projet de loi travail, puis des manifestations ont démarré à Paris et en province, avec quelques incidents.

Le ministère de l’Education nationale a recensé 57 lycées faisant l’objet d’un blocage total ou filtrant, parmi les quelque 2.500 lycées publics que compte la France.

Le SGL, première organisation lycéenne, a d’abord fait état de 80 établissements bloqués, dont une quarantaine à Paris, puis a estimé que les blocus étaient « plus nombreux », sans les chiffrer.

Une porte-parole de l’UNL, autre organisation lycéenne, évoquait plus largement « 200 lycées mobilisés sur le territoire », dont 40 à Paris. Plus de 150 de ces établissements étaient bloqués selon elle, au jour de la présentation du projet de loi travail en Conseil des ministres.

« On bloque parce qu’il y a plein de lycéens qui ne sont pas au courant de la loi et on veut qu’ils se mobilisent », explique Adèle, 17 ans, en terminale au lycée Buffon à Paris.

En fin de matinée, plusieurs centaines de lycéens et d’étudiants se sont rassemblés place d’Italie à Paris, avant de marcher vers Montparnasse, d’où devait ensuite partir le cortège des organisations jeunesse, a constaté une journaliste de l’AFP.

Parmi eux, des élèves des lycées parisiens Victor-Hugo, Rodin, Jacques-Monnot, Monet, Sophie-Germain mais aussi d’établissements de banlieue, avec des banderoles proclamant: « Jeunes et insurgés, le monde est à nous », « On sera pas de la chair à patron ».

Marius, 15 ans, en première à Sophie Germain, a participé au blocage de son lycée. « On veut le retrait de la loi, mais dire aussi notre ras-le-bol du gouvernement » qui « précarise notre avenir ».

Des manifestants ont lancé des bouteilles en verre sur les CRS et vidé le contenu d’une poubelle sur les forces de l’ordre et les vitrines de magasins. Les CRS ont chargé et lancé des gaz lacrymogènes. Beaucoup de jeunes avaient le visage couvert par des cagoules, des casques de moto, des lunettes de soleil.

A Nantes aussi, des manifestants cagoulés ont jeté des projectiles en direction des forces de l’ordre, qui ont chargé les manifestants, faisant usage de matraques et tirant des gaz lacrymogènes. Neuf personnes ont été interpellées, selon la préfecture de Loire-Atlantique.

Plus de 2.000 personnes ont défilé à Rennes selon les organisateurs, dans une atmosphère tendue face aux forces de l’ordre.

A Marseille, où plusieurs centaines de personnes ont manifesté, Julia, d’origine allemande, a déploré que la France prenne le même chemin « néoliberal » que celui que son pays d’origine « a pris il y a dix ans » et « où des gens travaillent pour un euro par jour », faisant référence aux lois Hartz.

Côté enseignement supérieur, le principal bâtiment de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris a aussi été bloqué selon des étudiants et la direction. A Paris 8, une assemblée générale avait voté mardi le blocage de l’université de Saint-Denis ce jeudi.

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