Le réseau enseignement agricole privé (CNEAP), qui représente 30% de l’enseignement agricole, milite pour la possibilité d’y ouvrir des classes dès la 5ème, a indiqué mardi son secrétaire général Philippe Poussin lors d’une conférence de presse au salon de l’agriculture.

Actuellement, l’enseignement agricole, qui dépend du ministère de l’Agriculture, propose des formations de la 4ème jusqu’au niveau bac+5 et se dit hostile à un éventuel rattachement de ses classes du collège à l’Education nationale.

Or à partir de septembre, les programmes de la scolarité obligatoire seront organisés non plus par année mais par cycles, dont le cycle 4 qui ira de la 5ème à la 3ème.

« On ne souhaite pas être intégrés, ça n’ajoutera rien à l’Education nationale et ça enlèvera cette liberté éducative qui fait de nous un laboratoire d’idées », possible avec 160.000 élèves mais pas avec des millions, a estimé M. Poussin.

« Cela fait maintenant 25 ou 30 ans qu’un certain nombre d’éléments qui se trouvent dans la réforme » du collège, applicable à la rentrée 2016 dans l’Education nationale, « existent dans l’enseignement agricole », a-t-il souligné. Il a ainsi cité l’interdisciplinarité, la pédagogie de projet ou l’accompagnement personnalisé.

Il a regretté un « déficit de notoriété de l’enseignement agricole », qui n »‘est pas une enseignement de deuxième choix » mais un « enseignement de complément », permettant à des jeunes de « reprendre confiance ».

« Je suis venu dans l’enseignement agricole parce que mon père est agriculteur et que j’aime bien ce domaine », a témoigné Emile, collégien dans un établissement de l’Eure. Sa camarade Chloé voulait « travailler dans les chevaux ». L’année dernière, elle était dans un collège classique. « Si on avait des problèmes, il y avait des gens qui nous laissaient de notre côté alors qu’ici, si t’as des difficultés dans une matière, ils vont essayer de t’aider », a-t-elle dit.

Interrogé sur les difficultés actuelles du monde agricole, M. Poussin a rétorqué: « Il y a une crise aujourd’hui, il y a des difficultés, un certain nombre d’agriculteurs vivent de manière très difficile, c’est vrai. Et en même temps on est bien dans un secteur d’avenir, porteur de valeurs et qui permet d’animer les territoires. L’enseignement agricole doit être porteur des changements, de professionnalisation, de compétences et d’engagement ».