informatique en classe

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Article mis à jour le 8 décembre

Le 30 novembre dernier, le ministère de l’Education nationale signait un partenariat avec Microsoft, prévoyant notamment une formation des enseignants utilisant les technologies de la multinationale américaine, ainsi que la mise à disposition de ses solutions dans les établissements.

Les défenseurs du libre scandalisés

Un accord qui a fortement déplu aux associations de défense du logiciel libre et aux syndicats. Dans un communiqué publié le 3 décembre, ils dénoncent « un partenariat indigne des valeurs affichées par l’Éducation nationale ». Cela présente « une fois de plus aux élèves un logiciel privateur et des formats fermés comme seuls outils incontournables », déplorent-ils. On pourrait craindre en effet que les enfants ayant utilisé des solutions Microsoft à l’école continuent à les employer toute leur vie.

Pour les signataires du communiqué, il aurait fallu « mettre en avant des solutions en logiciel libre, […] qui permettent aux élèves de progresser en informatique sans enfermement technologique ». Dans un appel publié en novembre 2014, l’April estimait déjà que les formats non ouverts comme DOCX ou XLSX, générés par la suite Office de Microsoft, visaient à « provoquer la dépendance des utilisateurs et à créer un marché captif ».

Une pétition dénonçant cet accord a été mise en ligne par les organisations le 7 décembre.

Analyse des « données d’apprentissage des élèves »

L’accord prévoit, entre autres, une formation et « un accompagnement des enseignants dans l’utilisation des équipements mobiles utilisant les technologies Microsoft en classe », la « mise à disposition de solutions » comme Office365 Education pour les établissements qui le souhaitent, mais aussi la création « d’une plateforme d’analyse des données d’apprentissage des élèves ». Selon le site Numerama, cela permettrait à la firme d’analyser les résultats des élèves et les notes obtenues aux différentes évaluations, afin de s’adapter à leurs difficultés.

Le partenariat stipule qu’un « suivi éthique et juridique » sera conduit par le Ministère avec la contribution de Microsoft, et qu’un « soin particulier sera apporté à la confidentialité et à la sécurité des données ».

Sur Twitter, l’équipe de Najat Vallaud-Belkacem, chahutée au sujet de ce partenariat, a invité les utilisateurs de logiciels libres à proposer leurs solutions.

Notre Fiche pédagogique « Logiciels libres pour enseigner » en propose une bonne sélection.