Une juridiction financière de la Cour des Comptes a condamné le président de la Fondation nationale des sciences politiques Jean-Claude Casanova à 1.500 euros d’amende, selon un arrêt rendu public vendredi, après des irrégularités de gestion à Sciences Po sous le défunt directeur Richard Descoings.

M. Casanova « entend saisir sans délai le Conseil d’Etat d’un pourvoi en cassation », a indiqué Sciences Po dans un communiqué, évoquant « des contradictions dans les motifs retenus » par la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), une juridiction administrative saisie par la Cour des comptes à laquelle elle est rattachée.

Un rapport de la Cour des comptes publié fin 2012 avait pointé « des irrégularités récurrentes dans la gestion » de Sciences Po entre 2005 et 2010, concernant notamment de salaires mirobolants versés à l’ancien directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, Richard Descoings, décédé brutalement en avril 2012. Son salaire avait culminé à 537.247 euros en 2010.

Le rapport relevait aussi des rémunérations opaques de cadres dirigeants ainsi que des heures payées aux professeurs mais pas toujours assurées.

A l’issue de l’instruction, deux personnes avaient été renvoyées devant la CDBF, M. Casanova et le directeur en charge des ressources humaines Aurélien Krejbich, qui lui a été relaxé. Ce dernier « ne contribuait pas à la définition du service des enseignants et enseignants-chercheurs affectés à l’IEP de Paris et n’avait ni compétence ni moyens pour contrôler a posteriori la régularité des décisions prises à ce titre », selon l’arrêt.

Lors de l’audience qui s’est déroulée le 6 novembre, les anciens collègues de Richard Descoings avaient défendu son action à la tête de l’IEP, comme l’internationalisation de l’école ou l’ouverture aux lycéens venus d’établissements en zone d’éducation prioritaire.

Une amende de 3.000 euros avait été requise à l’encontre de M. Casanova, ainsi qu’une amende de 500 euros contre le DRH.