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Limoges: une institutrice jugée pour violences à élèves

Une institutrice de la Haute-Vienne, âgée de 49 ans, comparaissait mardi devant le Tribunal correctionnel de Limoges pour violences physiques et morales à au moins 24 de ses élèves, âgés de 3 à 5 ans entre 2012 et 2015, le jugement ayant été mis en délibéré. Le Parquet a requis à l’encontre de l’institutrice, mise […]

Limoges: une institutrice jugée pour violences à élèves

Une institutrice de la Haute-Vienne, âgée de 49 ans, comparaissait mardi devant le Tribunal correctionnel de Limoges pour violences physiques et morales à au moins 24 de ses élèves, âgés de 3 à 5 ans entre 2012 et 2015, le jugement ayant été mis en délibéré.

Le Parquet a requis à l’encontre de l’institutrice, mise à pied à titre conservatoire par sa hiérarchie en juin dernier et appelée « Maîtresse Delphine » par ses petits élèves, un an de prison avec sursis assorti de l’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole auprès de mineur de moins de quinze ans, ce pendant une période de trois ans.

« Edifiant, pétrifiant et angoissant: ces trois mots résument après douze d’audience les années de huis-clos qui se sont déroulées dans cette petite école maternelle »: en une phrase, Me Anaïs Belon, qui représentait l’une des 24 parties civiles, a résumé l’atmosphère de cette affaire « hors normes », selon les propres mots de Me Emmanuel Raynal qui, en défense de l’institutrice, a plaidé la relaxe.

Malgré l’enjeu du procès, en l’occurrence sa carrière, c’est une institutrice tirée à quatre épingles et placide qui s’est présentée devant les magistrats mardi, niant l’intégralité des faits qui lui sont reprochés.

Conservant sa posture directive, y compris devant le tribunal, cette femme de 49 ans a commenté, sans jamais justifier son comportement: « Je comprends totalement qu’un enfant puisse être blessé quand il est frustré dans ses pulsions. Mais c’est mon rôle de leur apprendre la frustration ». « Et oui, parfois on est obligé d’intervenir physiquement », a-t-elle admis.

Jugeant ses collaborateurs incompétents et les parents d’élèves trop sensibles, « Maitresse Delphine » a estimé être « la victime d’une machination ». Tous ses accusateurs « mentaient », tandis que les enfants qui ont raconté avoir été « secoués », traités de « nuls », de « nouille », « d’incapable », avoir été « giflés », « bousculés », enfermés dans le dortoir plusieurs heures seuls ou dans le « placard aux sorcières », avaient « une imagination fertile ».

Son comportement est resté égal lorsqu’elle a été confrontée par les avocats des parties civiles aux conséquences de ses « méthodes éducatives » sur les enfants. « Des troubles du comportement graves: peur d’aller à l’école, cauchemars récurrents et jeux étranges comme +jouer à la maîtresse+ qui chez plusieurs petites victimes consiste depuis qu’elles ont croisé cette dame à jeter leurs poupées contre les murs en leur hurlant dessus ».

L’affaire avait éclaté au début de l’été 2015. Après avoir constaté que le comportement de leurs enfants se dégradait (peur irrationnelle, refus de manger, terreurs nocturnes, draps souillés…), plusieurs parents s’étaient constitués en collectif et avaient organisé un groupe de parole impliquant enfants et personnels enseignants. Devant la gravité des déclarations et observations de chacun, ils avaient alerté la hiérarchie de l’intéressée. Mais, en l’absence de sanctions disciplinaires, ils avaient pris la décision de porter plainte en février 2015. A la suite de six mois d’enquête menée par la Brigade des mineurs, le Procureur de la République avait décidé de poursuivre l’intéressée et de la placer sous contrôle judiciaire ce qui avait entraîné sa mise à pied.

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