La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, veut accroître le rôle des architectes, dont l’intervention sera désormais requise pour les abords des lotissements et pour toute surface supérieure à 150 m2.

Ces dispositions font partie de la « stratégie nationale pour l’architecture » dévoilée mardi par la ministre. Les principales figurent dans la loi sur la liberté de création, l’architecture et le patrimoine, en cours de discussion au Parlement.

La stratégie nationale « vient reconnaître combien le talent des architectes est indispensable, en ce moment crucial, pour répondre aux défis que partagent tous les Français : le logement, la transition énergétique, l’amélioration du cadre de vie, le vieillissement des hommes et des pierres », a dit Fleur Pellerin en présentant ses projets à l’Ecole nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Paris-Belleville.

L’intervention de l’architecte pour les lotissements est « indispensable pour faire évoluer un modèle d’aménagement qui dénature chaque jour davantage les paysages de notre pays », a-t-elle expliqué.

Son intervention pour les surfaces supérieures à 150 m2, au lieu de 170 aujourd’hui, « est tout autant indispensable si l’on veut que chacun profite dans son environnement privé des opportunités nouvelles dont sont porteuses les solutions architecturales », a souligné Fleur Pellerin, citant notamment « l’isolation thermique, les bâtiments à basse consommation et tout ce qui concerne la transition écologique ».

Autre disposition inscrite dans la loi sur la liberté de création, le « permis de faire » prévoit la possibilité à titre expérimental pour des équipements publics de déroger, de façon temporaire et encadrée, à certaines règles afin d’améliorer la qualité architecturale.

Un autre axe concerne l’enseignement de l’architecture, avec la création d’un statut d’enseignant-chercheur dans les écoles d’architecture. La présence de 100 doctorants dans des entreprises d’architecture à l’horizon 2020 figure également dans les objectifs.

Fleur Pellerin souhaite aussi que « soient créés des chantiers-démonstrateurs, des incubateurs, des +fablab+ ou des espaces de travail en commun de +coworking+ dans les écoles d’architecture ».

Un des objectifs de cette stratégie est de développer la connaissance de l’architecture par le grand public comme par les décideurs.

Fleur Pellerin a ainsi proposé que « soit organisé chaque année un événement national célébrant l’architecture », à l’image de ce qui se fait pour le patrimoine (Journées européennes) ou les musées (Nuit européenne). Elle veut également mettre en place des « formations dédiées aux fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales et aux élus ».