Le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur Thierry Mandon a annoncé mercredi un budget 2016 en hausse de 165 millions en dotations pour les universités qui font face à une hausse du nombre d’étudiants, une goutte d’eau pour les intéressées.

« Les dotations des établissements d’enseignement supérieur progressent de 165 millions d’euros », précise dans un rapport le ministère de l’Enseignement supérieur.

Cette enveloppe permettra de « financer une nouvelle vague de 1.000 créations d’emplois (65 millions d’euros) » et « d’accompagner les établissements qui doivent faire face à une augmentation sans précédent du nombre d’étudiants (100 millions d’euros) ». Les universités ont accueilli à cette rentrée 65.000 étudiants supplémentaires, portant le nombre d’inscrits à 2,5 millions.

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé lundi lors d’un déplacement à Avignon que « 100 millions d’euros supplémentaires » seraient consacrés au budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans le projet de loi de finances pour 2016.

En réalité, ces 100 millions correspondent à de l’argent qui ne sera pas ponctionné, comme c’était prévu, sur le fonds de roulement des facultés et des écoles (trésorerie mise de côté et estimée à environ 1,5 milliard d’euros), contrairement à ce qui avait été fait au printemps 2015.

Selon une source proche du dossier, les 65 millions obtenus proviennent de la baisse de crédits pour des investissements immobiliers. Les deux enveloppes sont constituées d’argent récupéré d’un poste et transmis aux universités.

« Les +moins+ 100 millions perdus l’an dernier avec le prélèvement se retrouvent cette année dans les annonces », relativise Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des présidents d’université (CPU), qui ne voit de positif qu’une chose: « On ne va pas toucher aux fonds de roulement des facs cette année ».

« La hausse mécanique de la masse salariale représente déjà 200 millions d’euros », a-t-il expliqué à l’AFP, par conséquent « le budget 2016 est en réalité en baisse par rapport à 2015 ».

« Tout cela correspond à une certaine écriture comptable pour à la fin obtenir un chiffre dérisoire », analyse, amer, le président de l’Unef (premier syndicat étudiant) William Martinet.

Ce budget « tue dans l’oeuf toutes les initiatives d’aide aux étudiants, d’amélioration des conditions de travail », énumère le leader syndical, qui réitère son appel à la grève le 16 octobre, journée de mobilisation nationale annoncée par plusieurs syndicats du supérieur.