dictée

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Faire une dictée par jour à l’école élémentaire : l’idée passe mal auprès des professeurs. Voulue par la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, l’instauration de cet exercice au quotidien dans les écoles élémentaires est vécue par certains syndicats comme une atteinte à la liberté pédagogique de l’enseignant.

Un manque de confiance envers les professeurs ?

« Une dictée tous les jours ? Ce n’est même pas écrit dans les nouveaux programmes. La ministre n’a qu’à nous dire à quelle heure la faire aussi », s’indignait vendredi sur Twitter Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU.

« D’un côté, la ministre ne cesse de faire la promotion de l’autonomie quand il s’agit des enseignants du second degré. Et de l’autre côté, elle vient dire aux professeurs des écoles ce qu’ils doivent faire en classe », a déploré Sébastien Sihr. « Abasourdi par cette annonce », le secrétaire générale a estimé qu’elle démontrait une « méconnaissance de ce qui se fait sur le terrain et d’une forme de mépris pour toutes les personnes -enseignants, inspecteurs- qui ont planché des mois au sein du CSP ». De même, Christian Chevalier, du SE-Unsa, a jugé que « ce n’est pas le rôle » de Najat Vallaud-Belkacem « de fixer le rythme des exercices des élèves. Les profs sont des pros! », a-t-il twitté vendredi.

Même son de cloche du côté du Sgen-CFDT, qui invite dans un communiqué à faire « confiance aux professeurs des écoles pour faire leur métier », soulignant que « les enseignants des écoles primaires en ont assez de l’infantilisation dont font preuve beaucoup de ministres de l’Éducation nationale ».

« Pas le temps » de faire une dictée par jour

Si le retour de la dictée quotidienne a été salué par le créateur du célèbre concours des Dicos d’Or Bernard Pivot, pour qui il s’agit d’une « très bonne mesure », les enseignants du primaire, premiers concernés, sont plus mesurés. « Le problème, c’est de rendre la dictée obligatoire. Car toucher à la liberté de l’enseignement pédagogique, c’est délicat. On a des programmes à respecter, à nous de faire comme on le sent ensuite », a ainsi expliqué Katia, professeure des écoles, sur Francetvinfo.

Antoine, un autre enseignant de primaire, s’est quant à lui inquiété de l’aspect chronophage d’une telle activité. « En CE1, j’en fais une par semaine, je n’ai pas le temps d’en faire plus. Si j’en faisais une par jour, je n’aurais pas le temps d’enseigner le reste du programme de français », a-t-il affirmé.

Vendredi en fin de journée, le ministère a toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas d’imposer une dictée chaque jour en tant que telle, mais que les enseignants pourraient faire écrire aux élèves, sous la dictée, un énoncé d’exercice ou une consigne par exemple. « Il s’agit de plus solliciter les élèves dans ce domaine », a-t-on précisé.