Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, a indiqué jeudi que le gouvernement ne ferait pas appel des récentes décisions de justice reconnaissant un retard dans la prise en charge des enfants autistes en France, que les pouvoirs publics essaient de combler.

« Je ne suis pas étonnée par ce jugement parce qu’en France, nous avons réellement un retard pour la prise en charge des enfants autistes, retard que je qualifierais d’historique car ça fait très longtemps que c’est comme ça », a déclaré Mme Neuville à l’AFP.

Dans des décisions rendues publiques mercredi, le tribunal administratif de Paris a condamné l’Etat français à verser plus de 240.000 euros de dommages et intérêts à sept familles d’enfants autistes, en raison de « carences » de prise en charge.

Ce retard est, selon Mme Neuville, « la raison d’être du 3e plan autisme lancé en 2013 », doté de « 205 millions d’euros totalement sanctuarisés » afin d’améliorer la prise en charge des enfants et adultes autistes.

Fin 2013, suite à un jugement en faveur d’une jeune fille lourdement handicapée, Amélie Loquet, qui n’avait pas de place en institut spécialisé, le gouvernement avait lancé un dispositif visant à résoudre les cas les plus critiques.

« Nous avons avancé sur ce sujet », a assuré Mme Neuville. « Il fallait d’abord que nous ayons une remontée des besoins au plan national, nous avons ensuite, avec (la ministre de la Santé) Marisol Touraine, donné des instructions aux Agences régionales de santé afin qu’elles ouvrent des places correspondant aux besoins ».

Dans le département de l’Hérault par exemple, « où il y avait le plus d’enfants handicapés sans solution, dont la moitié atteints de troubles du spectre autistique, un peu plus de 60 places seront ouvertes à la rentrée dans des structures existantes », a-t-elle précisé.

Mme Neuville a par ailleurs rappelé avoir annoncé en avril, lors d’un bilan d’étape du 3e plan autisme (2013-2017), des plans de formation des professionnels de santé et d’accompagnement, afin de faire évoluer les méthodes de prise en charge comme préconisé par la Haute autorité de santé (HAS).