salaire enseignant

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Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, l’a annoncé le 16 juin dernier  : les fonctionnaires verront leur traitement revalorisé, en début et en fin de carrière, à partir de 2017. Cette revalorisation des grilles salariales concernent les trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) et les trois catégories (A, B et C), soit environ 5 millions de fonctionnaires dont un peu plus de 700 000 enseignants. Concrètement pour un professeur, le coup de pouce s’élèverait à 74 euros brut par mois  en début de carrière et 134€ mensuels en fin de carrière. De quoi satisfaire les principaux intéressés ? Pas vraiment.

« Une remise à plat de l’évolution des carrières »

Frédérique Rolet, secrétaire nationale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré, juge la proposition « insuffisante », notamment pour susciter un regain d’intérêt pour la profession, dans un contexte où le CAPES peine à faire le plein. « Nous allons pousser pour que la valeur du point d’indice (qui sert de base au calcul des salaires) soit relevée, afin de renforcer le pouvoir d’achats des enseignants », assure-t-elle. Le gel, depuis juillet 2010, du point d’indice ne devrait pourtant pas être remis sur la table des négociations avant le « rendez-vous salarial », évoqué par la Marylise Lebranchu au printemps 2016. « Nous demandons une remise à plat de l’évolution des carrières », insiste Frédérique Rolet, « les enseignants représentent le seul corps où il y a des temps de passage d’échelon supérieur à 4 ans. Une accélération des débuts de carrière, et ensuite un rythme unique de progression sont souhaitables. »

Pour le syndicat Sgen-CFDT, décrocher un rendez-vous salarial est déjà « une conquête ». « 74 euros mensuels pour rendre le métier plus attractif, c’est trop juste évidemment, d’autant qu’il y a d’autres paramètres à prendre en compte, tels que la qualité de vie, l’organisation du métier, les perspectives d’évolution de carrière… » commente Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, « mais la proposition du gouvernement n’est pas à dédaigner. L’offre est incomplète mais des portes s’entrouvrent. Nous restons dans l’attente. »

« Entre ça ou rien, on préfère ça  !»

« Par les temps qui courent, cette proposition mérite d’être étudiée. Entre ça ou rien, on préfère ça ! », résume Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. Néanmoins, « l’effort, reste mesuré », déplore-t-il. « Il ne correspond pas à la revalorisation, conséquente et qui doit s’inscrire dans la durée, attendue par les professeurs. » Il rappelle que parmi les pays de l’OCDE, le métier reste « mal rémunéré » en France : « 1600 euros en début de carrière, et à peine 2000 euros au bout de dix ans, c’est chiche ! » « Ce qui se passe en mathématiques est assez symptomatique », ajoute encore Christian Chevalier, « les titulaires d’un master 2 sont davantage séduits par les boîtes informatiques, qui leur proposent de meilleures perspectives, que par l’Education nationale. » Du côté de la CGT Educ’action, « le projet n’est pas satisfaisant ! », lance Patrick Désiré, secrétaire général du syndicat. « La hausse de salaire proposée est dérisoire au regard de la perte de pouvoir d’achat subie. Tous les syndicats demandent l’ouverture de la discussion sur la valeur du point d’indice. Quant au rendez-vous salarial, juste avant la présidentielle, c’est un peu gros… »