Gossip / Captures d'écrans

Gossip / Captures d’écrans

L’application Gossip (potin, en anglais) attire les foudres de plusieurs syndicats lycéens. Pour la FIDL, l’objectif de cette plateforme, qui permet de s’envoyer des rumeurs éphémères, « n’est pas de jouer, mais bien de nuire aux autres ». Dans un communiqué, le syndicat appelle « à sa fermeture immédiate ».

Gossip permet de poster des ragots, de manière anonyme, sous la forme d’un texte de 140 caractères, semblable à un tweet, ou d’une photo. Ces messages sont visibles pendant seulement 10 secondes, par tous les contacts de l’utilisateur venant de les poster. Cette application a été téléchargée 70 000 fois, en particulier par des collégiens et des lycéens.

Dans le Figaro Madame, Anaïs, en seconde à Paris, raconte qu’elle a téléchargé l’application « comme tout le monde », car elle « aime connaître les potins sur ses camarades ». Mais, indique-t-elle, les rumeurs partagées portent souvent sur des sujets gênants, comme des « détails sur des relations sexuelles ». Selon la lycéenne, on peut aussi lire des messages tels que « Camille est la plus moche de la classe ».

« Un climat malsain » dans plusieurs établissements

harcèlement scolaire

© godfer – Fotolia

Interrogé par l’AFP, Eliott Nouaille, président du Syndicat général des lycéens, décrit un « climat malsain » dans plusieurs établissements scolaires, suite à l’utilisation par des élèves de cette application (temporairement suspendue par sa créatrice, suite à la polémique). Ainsi, raconte-t-il, dans son lycée Jacques Prévert de Boulogne-Billancourt, « les élèves s’invectivent et s’accusent mutuellement d’avoir posté des ragots ».

Zoïa Guschlbauer, présidente de la FIDL, elle aussi contactée par l’AFP, affirme que Gossip « encourage le harcèlement scolaire », un phénomène « très grave et répandu dans les établissements scolaires ».

Najat Vallaud-Belkacem appelle à la vigilance

Gossip / Capture I-Télé

Gossip / Capture I-Télé

De son côté, la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a demandé aux recteurs d’académie de « surveiller » l’application. Sur le site du ministère, elle les incite à « exercer, avec l’aide des chefs d’établissement des lycées et collèges, une extrême vigilance sur la teneur des messages qui seraient mis en ligne ».

Najat Vallaud-Belkacem, qui déclare considérer « la lutte contre le harcèlement scolaire comme l’une des priorités », ajoute que « bien que suspendue, la réouverture de cette application pourrait venir affecter un climat serein au sein des établissements. »

Dans Metronews, Eric Debarbieux, délégué ministériel chargé de la prévention et de la lutte contre la violence en milieux scolaires, rappelle que « l’Education nationale ne peut pas gérer ce qu’il y a dans le portable des jeunes et ce qu’ils font dans leur chambre à coucher ». Ainsi, « c’est aux parents d’entamer une action en justice, dont nous nous montrerons solidaires. »

Cible d’origine : « les 20-35 ans actifs »

La créatrice de Gossip,  Cindy Mouly, indique au Figaro Madame, que sa cible était, à l’origine, les « 20-35 ans actifs », et qu’elle ne « s’attendait pas » à ce que « des collégiens se ruent sur Gossip ». Ainsi, reconnait-elle, « j’ai été un peu naïve. Il y a eu une erreur sur iTunes qui a permis aux internautes de s’inscrire dès l’âge de 12 ans. »

Son application est suspendue, le temps pour elle d’interdire son utilisation aux mineurs, et de préparer « un système de modération automatique par rapport au vocabulaire à caractère diffamatoire ».