Des universitaires membres du Conseil national des universités (CNU) ont exprimé « leur inquiétude » face à la réforme en cours du collège, craignant qu’elle ne limite la place réservée juqu’alors aux langues régionales.

« Un des effets collatéraux de cette réforme est en effet de limiter la place concédée jusqu’ici aux langues régionales au collège », considèrent ces universitaires, membres de la 73e section du CNU (Cultures et langues régionales), dans une motion – adoptée à l’unanimité en fin de semaine dernière et remise mercredi à l’AFP – dans laquelle ils « tiennent à manifester leur inquiétude ».

Aux yeux des signataires en particulier, « supprimer toute possibilité d’étudier une langue régionale en 6e (…) revient à rendre impossible la continuité de cet enseignement de la maternelle à l’université, continuité pourtant réaffirmée dans la récente loi de refondation de l’école », font-ils valoir.

« Persuadés des vertus d’une interdisciplinarité qu’ils pratiquent eux-mêmes », les universitaires « rappellent qu’il ne peut y avoir d’interdisciplinarité fructueuse qui ne s’appuie sur des savoirs disciplinaires préalables » et craignent, si la réforme est adoptée en l’état, « de se trouver face à un simple saupoudrage sur quelques mois interdisant toute continuité d’une année sur l’autre ».

Ils soulignent également « avoir du mal à concevoir qu’on puisse considérer les langues régionales existant actuellement comme des filières élitistes et de prestige car ils n’ont pas oublié de quelle façon l’institution scolaire a longtemps traité ces langues au fil des deux derniers siècles ».

Les signataires demandent en conclusion « à Madame la Ministre de bien vouloir prendre les mesures nécessaires afin que cette réforme n’annule pas d’un trait de plume les quelques progrès que l’enseignement des langues régionales a pu connaître, non sans mal, depuis quelques décennies ».