Le gouvernement n’a « pas l’intention de modifier les aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants », a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin, chiffrant à « quelques centaines de millions » d’euros les économies à réaliser sur les 41 milliards de la politique du logement.

Deux jours après avoir promis des économies « conséquentes » sur le logement, M. Sapin a tempéré son discours, sur RMC et BFM, jugeant que « la très grande majorité » des fonds consacrés par l’Etat au secteur était « indispensable, utile socialement, utile économiquement ».

Toutefois, les 41 milliards d’euros dépensés chaque année en soutien au logement et à l’immobilier, dont 17,4 milliards d’euros sous forme d’aides au logement (APL, ALF et ALS), « c’est plus que le budget de l’Education nationale, plus que celui de la Défense », a-t-il fait valoir.

« Mon rôle c’est de dire à la ministre du Logement (…) sur ces 41 milliards, est-ce qu’il n’y a pas quelques centaines de millions d’économies à faire? », a poursuivi le ministre.

Interrogé sur une éventuelle fin du rattachement au foyer fiscal de leurs parents, d’étudiants percevant l’Aide personnalisée au logement (APL), évoquée dans la presse, M. Sapin a déclaré: « La réponse est non ».

« Nous n’avons pas l’intention de modifier les APL pour les étudiants », a-t-il affirmé, ajoutant: « Pour beaucoup d’étudiants, pour beaucoup de familles, cette APL est fondamentale ».

« Dans des familles modestes, il est légitime, évidemment, qu’il y ait de l’APL », a poursuivi le ministre, tout en promettant « d’analyser » les situations individuelles.

« Sur les millions de gens qui bénéficient de l’APL et qui continueront de bénéficier de l’APL, il y en a bien quelques-uns dont les situations sont anormales », a-t-il estimé.

« Il y a aujourd’hui des gens qui peuvent toucher de l’APL alors qu’ils ont de l’argent en banque », a affirmé M. Sapin. 6,5 millions de ménages ont bénéficié de l’APL en 2013.

« Le travail est en cours » au ministère du Logement, pour dégager des économies, et un groupe parlementaire présidé par le député PS François Pupponi, qui planche sur les APL depuis le mois de février, « a des propositions à faire » dans les prochains jours, a-t-il conclu.