François Dubet © Matthieu Riegler, CC-BY

François Dubet © Matthieu Riegler, CC-BY

Alors que la réforme du collège continue d’être l’objet de vives critiques, le sociologue François Dubet et le directeur général de l’Essec, Jean-Michel Blanquer dressent un bilan des points forts et faibles de la réforme.

Pour François Dubet, interrogé dans les Cahiers pédagogiques, cette réforme répondra aux besoins et aux demandes des élèves par le jeu « des options, des modules et des EPI » et invitera les équipes éducatives « à se conduire comme des équipes », qui devront « décider d’une politique commune ». Elle permettra également de « réaffirmer la priorité du socle commun » et de « limiter la capacité de créer les classes de niveau et des filières subtiles », affirme-t-il.

L’ancien Dgesco, Jean-Michel Blanquer, estime pour sa part, dans un éditorial du Point, que la réforme du collège « aurait pu susciter un certain espoir par l’un de ses aspects : l’octroi d’une autonomie de l’établissement pour 20 % des horaires afin de mener des projets interdisciplinaires ».

« Limiter la fuite des établissements les plus difficiles »

Jean-Michel Blanquer (photo Christophe Meireis)

Jean-Michel Blanquer (photo Christophe Meireis)

Toutefois, l’ancien Dgesco indique que cette réforme, prévue à la rentrée 2016, fait de « la famille qui veut choisir le parcours de son enfant » « un nouvel adversaire » en « supprimant tout ce qui différencie ». Or, « la différenciation peut fonctionner d’abord et avant tout au bénéfice des milieux les plus défavorisés ». Il pointe, par ailleurs, « la novlangue » contenue dans les programmes accompagnant la réforme du collège. Par exemple en histoire, « on substitue au programme actuel de l’école primaire, qui avait permis le rétablissement d’une chronologie simple, quelques coups de projecteurs […]. On veut un enfant qui ‘mette en perspective’ avant même de lui avoir donné les repères de base. »

Pour le sociologue François Dubet, la réforme devrait « limiter la fuite des établissements les plus difficiles ». Car « les ‘bons élèves’ pourront partout trouver une formation qui leur convient », et notamment le latin ou l’allemand. Ils ne seront donc plus obliger de passer « par la formule des classes européennes, qui creuse les écarts et finit toujours par donner plus à ceux qui ont plus », dénonce-t-il. Il insiste enfin sur les missions et les règles d’affectation des enseignants qui sont, selon lui, à revoir.