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Réforme du collège : « les EPI ont vocation à former des élèves humanistes »

La réforme du collège, prévue pour la rentrée 2016, continue d’être l’objet de vives critiques. Christophe Chartreux, professeur de Lettres/Histoire-géo-Education civique, estime, à rebours, qu’elle est une chance. Entretien.

Réforme du collège : « les EPI ont vocation à former des élèves humanistes »
enseignant collège

© Drivepix – Fotolia

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Christophe Chartreux, 57 ans, professeur de Lettres/Histoire-géo-Education civique depuis plus de trente ans dans un collège rural entre Dieppe et Rouen (Seine Maritime). Fils d’Inspecteur ex instituteur, petit-fils d’instit, arrière-petits-fils d’instit. Bref, je suis né dans l’enseignement ! Bivalent par choix. Blogueur.

Pourquoi défendez-vous les EPI ?

Je ne suis d’abord pas sur la défensive. Tout au contraire et malgré les attaques souvent dictées par des postures politiciennes. Elles ne font que nourrir ma volonté et la volonté de très nombreux enseignants de « faire autrement » ce qui, depuis des décennies, a échoué. Ce constat d’échec réunit TOUS les professeurs de collège quelle que soit leur appartenance syndicale, quelles que soient leurs convictions pédagogiques. Les salles de professeurs bruissent de ces plaintes devant un Collège qui, non pas « fabrique de l’échec », mais ne met pas en place les outils nécessaires pour empêcher qu’année après année ces échecs ne viennent frapper des milliers d’élèves. Pour rappel : 150 000 par an sans l’ombre d’un diplôme, et ce depuis des décennies. 150 000 élèves dont l’immense majorité est issue de catégories sociales défavorisées. Ceci ne peut plus durer ! Par manque de temps et de place, je n’évoque que cette catastrophe annuelle, car c’en est une. Il en existe bien d’autres.
Il est évident – seuls les opposants caricaturistes évoquent cette absurdité avec ironie – qu’à eux seuls ils ne parviendront pas à résoudre comme par magie les problèmes évoqués auparavant. Mais puisque la question porte sur les EPI… Ils présentent de nombreux avantages qui construisent mon engagement pour que cette réforme, somme toute « timide », s’installe puis donne des résultats. Parmi tous ces avantages, j’en retiendrai trois essentiels à mes yeux :

1- « Croiser » nos disciplines : « Interdisciplinarité »: un mot « barbare » aux oreilles des non-initiés, voire à celles de quelques initiés. Pourtant d’une absolue nécessité pour faire comprendre à nos élèves que nos disciplines (elles ne disparaissent pas avec la réforme) font sens lorsqu’elles se rapprochent, se croisent, communiquent. Au passage, cette interdisciplinarité reste très modeste en temps : 3 heures par semaine pour les élèves du cycle 4(5è/4è/3è). Mais c’est un début.
2- Faire connaissance ! Cette interdisciplinarité pourra permettre aussi à bien des collègues de se connaître ! De simplement se connaître ! Trop souvent nous ne nous parlons pas; sinon dans ces conseils de classes longs comme des jours sans pain et qu’il faudra bien un jour penser à refonder. Autre débat. La notion d' »équipe pédagogique » est une notion en France. A de rares exceptions notables près, travailler en équipe n’est pas dans les gènes de notre fonctionnement. Les emplois du temps et les pratiques pédagogiques, calqués sur ceux du lycée, n’y aident pas non plus. Je pense que la réforme peut pallier ce handicap majeur.
3- Une diversification pédagogique : les EPI ne tournent absolument pas le dos aux disciplines, elles permettront une diversification pédagogique intégrant une démarche dite de « projet ». Mais jamais il n’a été prévu de « sacrifier » les disciplines pour nous rapprocher, entre autres exemples, du modèle finlandais.

Cette diversification, ces rencontres, ces dialogues, ces projets – qui devront être accompagnés, c’est capital, d’une politique de formation sur le terrain – doivent permettre de former le citoyen de demain. Un citoyen qui ne sera plus un expert de sa seule spécialité mais sera confronté aux complexités d’un monde diversifié. Le temps n’est plus où l’Ecole (au sens large) pouvait se permettre de former ici un littéraire, là un scientifique, ailleurs un technicien. Tout cela n’a plus de sens. L’élève d’aujourd’hui doit être, non pas un « spécialiste », mais un HUMANISTE ! Eh oui, par un étrange retournement, c’est bien des humanistes, c’est-à-dire des femmes et des hommes intéressés par de très nombreuses disciplines, que l’Ecole va tenter de former. Et ces EPI, s’ils sont mis en place avec enthousiasme, sérieux et volonté de réussir, pourront y aider.

Estimez-vous que la réforme du collège menace les langues anciennes ?

Non ! Absolument pas ! On a tout lu, tout entendu à ce sujet. Je ne vais pas revenir sur les incroyables prédictions qui ne sont, tout le monde l’a parfaitement compris, que des stratégies destinées à détourner la réforme, à la caricaturer, à en faire un repoussoir aux yeux des parents. A maintenir aussi, il faut le dire, des matières optionnelles souvent – pas toujours car nos collègues de Lettres Classiques ont compris le danger en voyant fondre leurs effectifs année après année – choisies par stratégie familiale. Une anecdote en passant. C’était en 6è il y a quelques jours :

L’élève : « Monsieur, c’est bien le latin en 5è ? Je peux en faire ?

© Alexi TAUZIN - Fotolia

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Moi : Bien entendu. Si tu en as envie !
L’élève : Non mais ce n’est pas ça. Il parait que ça donne des points en plus au BAC. »
Edifiant… En 6è !…

La menace sur les langues anciennes existe depuis bien longtemps. Ce n’est pas cette réforme qui met en danger les langues anciennes. Bien au contraire, elle va tenter, par d’autres biais d’enrayer la déperdition en effectifs redoutée chaque année par nos collègues. Et la déperdition au fil des années de la scolarité : 20% de latinistes en 5è, 5% en seconde; 1% après le BAC ! Ce sont des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.
La réforme veut ouvrir le latin à plus d’élèves avec d’autres pratiques. Langues et civilisations continueront d’être enseignées ! Comment peut-on NE PAS s’en réjouir ?

Pour rappel :

  • Langues et Culture de l’Antiquité (LCA), de la 5ème à la 3ème sont destinés aux élèves volontaires, qui bénéficieront de 5 heures de plus pendant leur scolarité collégienne.
  • Des EPI « Langues et Cultures de l’Antiquité » pourront être organisés pour TOUS les élèves. La langue latine n’est en aucun cas sacrifiée. Je dirai même qu’elle est revivifiée ! Elle en avait urgemment besoin !

Certes, la réforme réduit ce que l’on appelle les enseignements optionnels mais elle augmente les moyens complémentaires désormais mis au service de tous. Dans ce « tous » il y a les plus en difficultés.
L’option facultative latin (8 heures) devient un enseignement de complément (5 heures). Mais cet enseignement est destiné à un nombre d’élèves beaucoup plus important ! Allez rêvons un peu : à tout un établissement !
Dans ces conditions, parler de disparition des langues anciennes est plus qu’exagéré !

La suppression des classes bilangues et des sections européennes ne causerait-elle pas la disparition de l’allemand (et des autres langues) ?

J’aurais envie de faire la même réponse que pour les langues anciennes. L’intitulé de votre question est d’ailleurs intéressant. Vous parlez d’abord de l’allemand puis, entre parenthèses, des autres langues. J’y vois là une plus grande importance accordée à la langue de Goethe (que je défends au même titre que les autres !) et à la menace qui pèse sur cette discipline, mais menace fort ancienne : 51% de germanistes dans les années 50; 15% aujourd’hui.

Deutschland © VRD - Fotolia

Deutschland © VRD – Fotolia

Les classes bilangues et sections européennes sont supprimées c’est un fait, mais :

  • -des classes bilangues (en 6ème) sont maintenues, ce qui permettra d’assurer la continuité pédagogique entre l’enseignement de LV dispensé en primaire, et la 5ème (cycle 4). Les classes bilangues bénéficieront d’un financement des rectorats.
  • -tous les élèves commenceront la LV2 dès la 5ème, avec un horaire augmenté (7.5h sur le cycle 4 contre 6h actuellement).

L’enseignement des langues étrangères en France doit être revu. Malgré tous les efforts et le sérieux de nos collègues, malgré leur enthousiasme, leur inventivité, nos élèves restent « fragiles » dans la maîtrise des langues étrangères, quelles qu’elles soient.
TOUTES les langues ont leur intérêt, qu’elles sont le véhicule de cultures passionnantes à découvrir. Mais pour parvenir à ces découvertes, l’important est ailleurs ! Il est de concentrer méthodes et moyens sur ce qui favorisera les réussites des apprentissages. A ce jour, force est de constater que nous n’y parvenons pas. La motivation des élèves est à développer par d’autres méthodes pédagogiques. Les EPI (on y revient) peuvent être un des  facteurs déclencheurs.

Pensez-vous que les nouveaux programmes d’histoire laissent trop de liberté aux enseignants ?

Lorsque j’ai lu et que je lis encore des « sommités » aussi respectables qu’Alain Finkielkraut, Régis Debray ou Michel Onfray apporter de l’eau au moulin des associations de Professeurs d’Histoire (et surtout d’Histoire ! La géographie, tout le monde s’en contrefiche; quant à l’Education Civique pourtant si essentielle, elle n’existe pas) prédisant, pour la Nième fois, que c’est l’Histoire qu’on assassine, j’hésite entre éclater de rire ou hurler de rage.
Mais commençons par la liberté.
On hallucine ! Depuis des années, les enseignants, toutes « chapelles » confondues – c’est au moins un point d’accord – réclament davantage de liberté pédagogique. Mieux même, nous (car je suis enseignant pour encore cinq ans) rappelons très souvent que nous sommes les experts de terrain et qu’il faut nous faire confiance.
Une ministre nous consulte, fait appel aux « expertises de terrain », offre des « plages » de liberté pédagogique et certains, qui réclamaient tout cela hier, lisent des menaces dans les offres qui nous sont faites ? Il y a là une mauvaise foi qui me révulse !
On ne laisse jamais « trop » de liberté. En revanche il faut savoir ce que l’on en fait, pour quels objectifs on l’utilise. Alors que les programmes d’Histoire sont depuis des années dénoncés – à juste titre – comme étant trop lourds, impossibles à terminer ou en survolant telle ou telle notion, voilà qu’ENFIN et sans éliminer tel ou tel pan de notre Histoire nous allons pouvoir flécher les priorités, les déterminer entre professeurs d’Histoire/géographie, disposer de plus de souplesse dans le courant de l’année. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Ce faux débat, récurrent à propos de l’Histoire, est surtout le fait de quelques réactionnaires bien identifiés. Donc oui aux « nouveaux » (Sont-ils si nouveaux ?) programmes d’Histoire et surtout oui à cette liberté d’action que nous avons tous réclamée.

En attendant la suite car la refondation de l’Ecole passe par d’autres chantiers à venir et qui ne manqueront pas, à nouveau, de faire couler beaucoup d’encre :

  • Réforme de l’évaluation
  • Réforme du Diplôme National du Brevet
  • Réforme (voire construction) de la formation continue

Christophe Chartreux
www.profencampagne.com

Propos recueillis par Fériel BOUDJELAL

22 commentaires

  1. Christophe Chartreux, en bon sapeur-pompier de la réforme du collège 2016, reprend l’argumentaire ministériel et instruit donc le procès de ses collègues de lettres classiques tout en célébrant la chance que constitue cette « réforme » pour les langues anciennes.
    En réalité, son manque de légitimité pour aborder cette question se trahit par une ignorance visible des enjeux précis de la réforme pour les langues anciennes : Christophe Chartreux n’a pas compris que l’enseignement pratique interdisciplinaire « Langues et cultures de l’antiquité » ne concernerait pas tous les élèves, qu’il ne serait que d’une heure pendant un an (voire pendant un semestre) mais surtout qu’il ne permettrait d’enseigner ni les langues anciennes à proprement parler (ou alors en retirant à d’autres disciplines) ni même l’histoire antique : le programme d’histoire du cycle 4 exclut l’antiquité… Quant aux « enseignements de complément », les anciennes options qui n’en ont plus le nom, ils ne concerneront pas tous les élèves, leur horaire amputé ne sera pas garanti, non plus que leur existence même puisque les établissements devront choisir entre les petits groupes pour tous les élèves et les langues anciennes pour quelques uns.

    Une pétition défendant les langues anciennes a déjà réuni plus de 40.000 soutiens.Signaler un abus

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  2. Merci Loys Bonod.
    Je confirme votre analyse.
    Cette réforme est une catastrophe.
    Je suis abasourdie. Quelle trahison !Signaler un abus

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  3. Merci Loys Bonod de rétablir aussi clairement la vérité! J’ajouterais qu’il est grand temps pour M. Chartreux de prendre sa retraite car il a un sérieux problème de mémoire! En effet, il nous présente les EPI et l’interdisciplinarité comme une révolution… Or, j’enseigne depuis 10 ans seulement et j’ai pourtant déjà connu les IDD (Itinéraires de Découverte) qui n’étaient autres que des projets interdisciplinaires en tous points semblables à ces EPI… et qui ont été progressivement abandonnés car trop coûteux et surtout d’une redoutable inefficacité!Signaler un abus

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  4. – Toujours l’histoire-géographie sur les problèmes de la réforme. Et les autres disciplines, ils n’en ont pas ????????!!!!!!!!!!!
    – Quant au latin, effectivement il fait partie des disciplines qui sont choisies à cause des gains de points au BAC. Son existence est donc depuis longtemps en partie déconnectée de son contenu.
    – Quid des sciences, il faut bien poursuivre la destruction de la filière S au lycée.Signaler un abus

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  5. Il faut cesser de donner la parole à des pseudo experts qui ne connaissent rien à la réalité de la vie.
    Ce que dit Christophe Chartreux concernant l’allemand est FAUX, il reprend à son compte le discours ministériel tel quel sans en évaluer les conséquences.

    L’allemand n’étant plus enseigné dans la quasi totalité des académies depuis 3 ans EN PRIMAIRE (c’est INTERDIT !), les bilangues ne seront pas maintenues dans ces académies faute de continuité Primaire-Collège, et disparaîtra dans la très grande majorité des collèges. Ne resteront que des LV2 à raison de 7h30 (soit 2h30 par niveau de la 5e à la 3e) alors que les classes bilangues proposaient au minimum 12 heures (3h de la 6e à la 3e). Quel gain en effet !

    Il oublie un fait important : en concurrence avec l’espagnol (ce qui n’est pas le cas des bilangues), l’allemand est choisi par une minorité d’èlèves, et en ouvrant les LV2 en 5e on déplace seulement le problème connu actuellement en 4ème d’un an.

    Il n’y aura pas plus de germanistes LV2 qu’actuellement. Et il n’y aura plus de germanistes LV1 bilangues.

    Copie à revoir donc.Signaler un abus

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  6. Quand prof de lycée (privilégié) remet en cause la légitimité d’un prof de collège (bivalent) à émettre un avis sur la réforme dudit collège, c’est plutôt cocasse…Signaler un abus

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    • Ma remarque concernait les langues anciennes que j’ai enseignées au collège il y a peu encore, que j’enseigne au lycée… et que Christophe Chartreux n’enseigne pas.

      PS Comme mes collègues de lettrs classiques, je suis trivalent. ^^Signaler un abus

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  7. Cette réforme va aussi détruire un peu plus encore l’enseignement des mathématiques, en baissant considérablement le nombre d’heures dans cette disciplines(EPI et aide individualisée) et en transformant les programmes pour introduire paradoxalement du jeu(informatique ou tu cliques sur le mulot) et du rébarbatif(algorithme beaucoup trop abstrait et complexe pour des élèves de collège). Pour les EPI : les ex IDD ont montré leur nocivité pour les mathématiques(les maths y interviennent de façon sporadique, épisodique et jamais de manière prédominante). L’aide individualisé en classe complète est déjà appliquée : elle est une perte de temps pour les bons(c’est mon fils en 6ème qui le dit : « on fait rien ») et inutile pour les faibles.

    Moi je suis fils d’ouvrier et petit-fils de mineur de fond, cette réforme et les pédagogos font peut-être réussir les enfants d’instituteurs mais certainement pas ceux des ouvriers ! Si on en est là aujourd’hui c’est du à toutes ces réformes de pédagogos(près de 30 ans qu’il détruise l’école à petit feu) qui sans cesse transforment l’école en garderie et qui sans cesse diminue les horaires en math et en français ! Ces pédagogos découragent les élèves comme les enseignants, en enlevant toute exigence, tout effort, toute autorité !

    Bravo Loys pour tes analyses toujours aussi pertinentesSignaler un abus

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  8. « Les EPI ont vocation à former des élèves humanistes » : je suis mort de rire !!!!
    Et les IDD avaient produit des génies, c’est ça ????
    On ne frise plus le ridicule : on l’a dépassé depuis longtemps…Signaler un abus

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  9. J’ai testé les IDD il y a 15 ans, pleine de bonne volonté : résultats vraiment très très faibles… Pour tous les collègues idem ! Les élèves n’en ont pas retiré grand chose… Et quelle perte de temps ! Nous avons fait remonter des analyses, des bilans (très chronophage… sur le temps personnel)… et le ministère nous ressort la même recette miracle. Pourquoi ? Pour être certain que cela ne fonctionne pas ! Je ne veux plus être complice de ce sabotage ! Sans parler de l’obligation d’évaluer par compétences…
    Et que dire sur l’organisation de l’enseignement des EPI, avec des collègues contractuels, donc nommés en catastrophe à la rentrée, représentant 25% du personnel (plus personne ou presque ne veut devenir enseignant), des services partagés entre différents établissements… Et en cas de maladie grave, d’accident, qui prend le relais ? Quand les concertations ?Signaler un abus

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  10. 22 heures SEULEMENT de vraie classe ! Les parents devraient réagir ! Beaucoup de mes collègues enseignants scolarisent leurs enfants dans le privé qui contourne souvent toutes ces dérives pédagogistes. Quels gâchis ! Certes l’école doit suivre l’évolution de la société, mais là elle s’en éloigne puisqu’elle déclare ouvertement former des personnes oisives, centrées sur l’ego. Être adulte, c’est savoir se tourner vers les autres lorsque l’on est assez solide soi-même !
    De nombreuses écoles alternatives + l’école à la maison vont se multiplier… Et ça c’est élitiste, car seuls les parents qui ont pris conscience de la catastrophe vont insister sur le contenu disciplinaire.Signaler un abus

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  11. L’auteur de l’article nous parle de liberté pédagogique : il y a là, il me semble, confusion ! L’enseignant revendique la liberté pédagogique sur la façon de faire classe (magistral : efficace quoiqu’on en dise !, en groupe : quand nécessaire et ponctuellement, et autres) et non la liberté de programme ! Le PROGRAMME doit être NATIONAL ! C’est méprisant de penser que dans certains endroits de France les élèves ne sont pas capables d’atteindre un certain niveau ou que tel ou tel point historique leur sera inutile ! Mes élèves de REP+ sont reconnaissants pour le CONTENU exigeant des cours… Ils n’ont que dédain pour les profs démagos ! Je repense à des collègues d’Histoire-Géo qui me disaient être pour le choix des programmes : « les Hébreux ça leur sert à rien », « vu leur niveau, les Égyptiens, ce n’est pas la priorité ». Scandaleux !
    Sur la disparition des langues anciennes, mes collègues ont déjà répondu… Cette disparition sert à financer la réforme… Si le ministère, tous partis confondus d’ailleurs, avait voulu un véritable enseignement du latin et du grec ancien, il les aurait généralisés dès la 6ème avec des heures en plus. Quelle mauvaise foi !
    Faudra-t-il attendre une nouvelle Renaissance pour avoir le droit d’apprendre les langues anciennes, véhicules des grands secrets de l’Humanité ? Combien de temps attendre l’épuisement de la connerie ?
    Et si maintenir les gens dans l’ignorance était plus pratique… pour qui d’ailleurs ?
    Quand on ne sait pas, on ne sait pas qu’on ne sait pas…Signaler un abus

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  12. Pour les 150 000 élèves qui sortent de l’enseignement obligatoire sans formation :
    c’est effectivement un drame, mais il faut regarder de plus près sans tabou
    *élèves qui devraient être scolarisés en SEGPA (or ces structures spécialisées ferment et les enfants se retrouvent au collège, pas du tout adapté)
    *élèves qui ont eu divers accidents de vie
    *élèves absentéistes (même en suivant tout le protocole de l’inspection académique pour le signalement, lorsque le dossier est sur le point d’aboutir, nous sommes en mai… et en septembre, tout repart à zéro !!!)
    J’ai enseigné aux déscolarisés (16 à 21 ans) repêchés par l’institution. C’était passionnant, mais quantité d’élèves ne restaient pas jusqu’à la fin (filles qui tombent enceintes pour toucher les allocations, certains tombent dans la drogue, d’autres s’en sortent et trouvent des contrats d’apprentissage,…)

    Et donc pour 150 000 élèves qui demandent des solutions hors collège, le ministère baisse le niveau d’exigence général ? Cela est injuste.Signaler un abus

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  13. Ah, j’apprécie toujours autant ceux qui se targuent de pouvoir parler d’une matière qu’ils n’enseignent pas ! A commencer par certains professeurs d’histoire-géographie qui devraient revoir leur copie quand ils font référence à l’humanisme, terme galvaudé par bon nombre d’entre eux ! L’humanisme va de pair avec la Renaissance, période qui succède au Moyen-âge (âge du milieu, intermédiaire en latin)… Je m’égare. Au fait, que signifie véritablement Renaissance ? Eureka, ce fut la renaissance de l’héritage greco-romain ! Un peu de culture tout de même ! Imaginons à présent que l’histoire-géographie disparaisse en tant que discipline au profit d’une matière composite, n’apparaisse plus dans les bulletins, ne soit plus évaluée ou soit enseignée par un professeur de sciences, allons, rêvons un peu ! Je vous interdis d’être chagriné, l’histoire n’étant à près tout qu’un éternel recommencement. Pour ma part, j’estime pouvoir l’enseigner puisque j’ai suivi cette discipline jusqu’en terminale. J’oubliais ! Grâce aux EPI, vous pourrez même réaliser de belles maquettes ! Une motte médiévale, une pyramide qui n’est plus au programme… Quelle admirable consolation ! Qu’en pensez-vous ?
    Un professeur de Lettres classiques (ça existe assurément) peiné de constater l’aveuglement et l’ignorance de pédagogues (esclave grec qui marchait à côté de son jeune maître…oups, mea culpa…).Signaler un abus

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  14. merci à Christophe Chartreux pour cet éclairage qui change enfin des points de vue soi-disant éclairés de ceux qui se lamentent. Oui en collège c’est de plus en plus difficile d’enseigner et les élèves s’ennuient, oui il faut changer les manières d’enseigner.

    La réforme prévue ne va pas révolutionner les choses, elle va permettre de faire changer (un peu) les pratiques. Quand la sonnerie retentit et que vous avez plusieurs groupes d’élèves qui ne veulent pas quitter la classe car ils n’ont pas fini leur production de géographie sur les espaces productifs (sujet pas très passionnant si on le traite de manière « normale »), voilà un motif de satisfaction pour l’enseignant. Et quand en corrigeant ces productions qui ont demandé beaucoup d’énergie aux élèves (au lieu de dormir en attendant que le prof ait fini de parler) , le professeur s’aperçoit que plusieurs groupes d’élèves catalogués de « faibles, en difficultés » ont fait preuve d’originalité, de créativité et que les connaissances attendues sont présentes, que voulez-vous dire de plus ?

    Bref pour moi qui pratique déjà depuis longtemps le travail collaboratif entre les élèves et qui cherche chaque jour de nouveaux moyens pédagogiques pour les faire réussir, je ne peux que me réjouir de cette réforme qui va dans le bon sens : faire acquérir aux élèves non seulement des connaissances mais aussi de la réflexion, de l’autonomie et pourquoi pas « le plaisir d’apprendre » ! Et non on n’est pas obligé de souffrir en classe !Signaler un abus

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    • Je parie que Chrisclio n’est autre que Christophe Chartreux qui s’auto-congratule et poursuit sa propre démonstration sous couvert d’un pseudo peu recherché. Pathétique!Signaler un abus

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  15. Bonjour vous tous,
    Je ne comprendre pas vraiment ce qui se passe en France. Dès qu’il se passe une chose dès que l’on veut changer les choses dès que l’on veut améliorer les choses, dès que l’on dit une chose.

    Je ne sais pas ce qui se passe, mais c’est toujours la même réaction qui se produit, tout le monde (français) le prend mal.

    Ça râle avant de s’expliquer et de connaitre.
    Mais d’où vient cette attitude néfaste et dévastatrice.

    Sincèrement, étudieras un peu cette réforme, bon certes ce n’est pas le phare dans la nuit, mais elle a tout de même le mérite de faire bouger les lignes au nom de l’enfant, de son avenir et de son apprentissage.

    Sincèrement, à lire les commentaires ici et sur d’autres, c’est toujours la même chose qui revient, le professeur.
    La réforme du collège ce n’est pas question de la profession, il est question de l’enfant !!
    Et sincèrement quand je vois ce qui se passe actuellement, ne me dites pas sérieux que tout va bien et tout est rose.
    Il y a une très grande nécessité d’améliorer le collège.
    D’ailleurs, cette réforme s’inspire de ce qui se fait déjà dans l’Europe, dans d’autres pays.
    J’ai l’impression de revivre la réforme des primaires, « oh mon dieu oh mon dieu » mais maintenant tout va bien.
    Ça rallie avant et après on dit « fallait le faire plus tôt ».

    Le français est devenu trop bon râleur-fainéant, il n’a plus d’idée et encore moins de volonté de construire son pays.

    L’intérêt de l’enfant c’est de le faire progresser et lui enseigner un maximum de chose.
    Si vous voulez ne rien faire, les enfants de 12 ans peuvent travailler dans les champs et les mines aussi pendant que vous y êtes.

    Cessez un peu de râler constamment ! cette réforme est une parmi d’autre qui est nécessaire pour faire progresser le collège et l’enseignement.Signaler un abus

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  16. Que l’on donne la parole à un enseignant favorable à toutes les facettes de la réforme 2016 du collège ne pose aucun problème, c’est même tout à fait légitime.

    Mais que la plus grosse partie de son interview concerne les Langues Anciennes dont il n’est absolument pas spécialiste et sur lesquelles il accumule un monceau de contre-vérités qui relaye avec une ferveur naïve la parole ministérielle déjà prise en défaut à plusieurs reprises sur ce sujet, c’en est trop.

    Hormis la question sur les EPI (réponse de 612 mots), c’est sur la situation des Langues Anciennes que M. Chartreux est le plus bavard (402 mots), largement plus que sur celle des Langues Vivantes (257 mots seulement) et même de sa propre discipline, l’Histoire-Géographie (312 mots).
    L’important mouvement de soutien des Langues Anciennes qui a vu le jour mi-mars et qui ne faiblit pas, semble irriter certaines personnes et médias qui se sentent obligés de produire des reportages et tribunes « à charge » contre le Latin et le Grec (comme l’effarant reportage du JT de 20h de France 2 du 23 avril) en faisant toujours la même caricature de ces disciplines : « effectifs qui fondent », « stratégie familiale », « latin uniquement pour les points en plus au bac »…

    Et M. Chartreux d’enchaîner les contre-vérités sur la place des Langues Anciennes dans la réforme :
    > « la réforme veut ouvrir le latin à plus d’élèves » : Tiens ! M. Chartreux ne parle pas du grec ancien, c’est peut-être qu’il a compris que cette réforme va justement mettre un coup d’arrêt au grec ancien, tout occupés que seront déjà les enseignants à sauver ce qui peut l’être du latin ; pour ce qui est de l’ouverture à plus d’élèves, nous verrons plus loin qu’elle est totalement illusoire dans l’état actuel des textes.

    > « Langues et civilisations continueront d’être enseignées ! » : Non, pas forcément. Plusieurs cas de figure se présentent :
    1°) l’établissement choisit (rien ne l’y oblige) de proposer un EPI Langues & Cultures de l’Antiquité. Il n’est pas prévu et d’ailleurs pas possible d’envisager une étude sérieuse de la langue dans ce dispositif : on y enseignera donc des éléments de civilisation mais pas la langue. S’il le souhaite/peut l’établissement pourra ou non ouvrir un enseignement de complément Latin ou Grec ancien que les élèves pourront suivre à condition seulement d’avoir suivi l’EPI LCA. Oui, mais ! les heures pour ces enseignements de complément devront être prises sur la dotation horaire des heures de travail en petits groupes (dédoublement en Langues vivantes, aide aux élèves…). Quel choix croyez-vous que les Chefs d’Etablissements feront prioritairement.
    2°) l’établissement ne propose pas d’EPI LCA (manque de prof de Lettres Classiques ou préférence pour les autres thèmes d’EPI) : il n’y aura donc pas d’enseignement de complément et donc langues et civilisations latines ou grecques n’y seront plus enseignées.

    Continuons :
    > « Langues et Culture de l’Antiquité (LCA), de la 5ème à la 3ème sont destinées aux élèves volontaires, qui bénéficieront de 5 heures de plus pendant leur scolarité collégienne ». Les horaires plancher des Langues Anciennes étant aujourd’hui de 2h en 5ème, puis 3h en 4ème et en 3ème (total : 8h hebdomadaires), j’ai du mal à savoir ici si c’est avec les chiffres ou avec les mots que M. Chartreux est fâché. Pour moi, 5h hebdomadaires au lieu de 8, c’est un déficit, pas un bénéfice.
    > « Des EPI « Langues et Cultures de l’Antiquité » pourront être organisés pour TOUS les élèves. » Si, là c’est clair, c’est avec les mots que M. Chartreux a un problème. Dire que les EPI LCA pourront être organisés pour tous les élèves ne veut clairement pas dire qu’ils le seront.
    > « La langue latine n’est en aucun cas sacrifiée. Je dirai même qu’elle est revivifiée ! Elle en avait urgemment besoin ! » Merci vraiment à M. Chartreux, grand spécialiste de didactique des Langues Anciennes reconnu mondialement, de nous prodiguer généreusement ses conseils pour le renouvellement de notre pédagogie. Mais a-t-il seulement mis un pied dans un cours de latin ces 20 ou 30 dernière années ?
    > « Certes, la réforme réduit ce qu’on appelle les enseignements optionnels » Bel euphémisme, M. Chartreux, vous êtes fin prêt pour la langue de bois politicienne : les options Latin et Grec et leurs horaires disciplinaires ne sont pas réduits ils disparaissent purement et simplement.
    > « cet enseignement est destiné à un nombre d’élèves beaucoup plus important ! » Nous attendons avec impatience que M. Chartreux nous en fasse la démonstration mathématique. Les premières consultations que notre association a faites auprès des Chefs d’Etablissements de collèges nous laissent plutôt présager du contraire.
    > « Allez rêvons un peu : à tout un établissement ! » Eh voilà ! M. Chartreux nous fait maintenant le coup de l’amoureux des Langues Anciennes idéaliste. Voyons, redescendez sur terre, M. Chartreux, vous savez très bien que cela n’arrivera pas, faute de moyens horaires. Vous devez bien savoir que, déjà aujourd’hui, dans de nombreux collèges, le Chef d’Etablissement fixe un numerus clausus (illégal au demeurant) au nombre d’inscriptions à l’option latin à l’entrée en cinquième. Même si 50 élèves souhaitent faire du latin, le Chef d’Etablissement qui n’a les moyens de n’ouvrir qu’un seul groupe, refusera 25 élèves. Et devinez à quel type d’élèves le conseil de classe va plutôt proposer une place dans ce groupe de latinistes ? Ce n’est pas grave, c’est le prof de latin et sa discipline que l’on taxera d’élitisme : la boucle est bouclée.

    Il est clair que M. Chartreux a bien appris la leçon que Mme la Ministre lui a faite dans toutes ses dénégations médiatisées sur les menaces que sa réforme fait peser sur les Humanités (voir à ce propos la vidéo Désintox d’Arte sur l’interview de Mme la Ministre par Jean-Claude Bourdin sur RMC : https://www.youtube.com/watch?v=phuv1FFCg_4). Espérons que cette dernière n’oubliera pas de distribuer à M. Chartreux un bon point bien mérité.
    Poussant la caricature des Langues Anciennes jusqu’au ridicule, M. Chartreux ne paraît en revanche nullement gêné aux entournures pour accuser les autres de caricaturer la réforme.

    M. Chartreux revendique sur son compte Twitter le droit de parler des disciplines des autres : d’accord, mais nous lui recommandons tout de même de se renseigner correctement avant. Nous lui proposons d’ailleurs d’aller consulter l’infographie que nous avons réalisée en nous appuyant uniquement sur les derniers textes officiels parus sur la place des Langues & Cultures de l’Antiquité dans la réforme.
    http://www.arretetonchar.fr/avant-apres/

    Comme le dit M. Chartreux « Les EPI ont vocation à former des élèves humanistes », mais dans un bon nombre de cas, ce sera sans les Humanités et, suivant les recommandations du Conseil Supérieur des Programmes, avec un Siècle des Lumières optionnel dans le programme d’Histoire. Bref, on va vers des élèves « humanistes éclairés » !

    R. Delord
    Président de l’Association « Arrête Ton Char ! les Langues & Cultures de l’Antiquité aujourd’hui »
    http://www.arretetonchar.fr
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  17. M. Chartreux (sans doute encarté UNSA pour ne pas dire PS) nous dresse un portrait idyllique de cette réforme. Sur le terrain, il en est tout autre :
    – Fin des classe bi-langues (si y a un truc qui fonctionne dans l’EN, c’est bien ces classes).
    – Fin des classes euro (même remarque).
    – Fin de la 6ème SEGPA (pour les élèves en grandes difficultés).
    – Fin de la 3ème Découverte Pro
    – Fin de l’épreuve HDA (bizarre, épreuve pluridisciplinaire du brevet)
    – Baisse des horaires en maths, technologie, physique, svt.
    – Fin des demi groupe en 6ème.

    Tout ça pour une mise en place d’une usine à gaz qui existait il y a une dizaine d’année et qui n’a jamais porté ses fruits. Le discours sur le manque d’interdisplinarité et le manque de cohésion des équipes est navrant.Signaler un abus

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  18. ahhh le latin, fondement de notre civilisation, toussa.

    non mais il faut arrêter la fumette les mecs. L’enseignement du latin au collège n’a guère plus d’intérêt que celui de l’araméen. Araméen qui au passage se justifierait tout autant dans notre civilisation chrétienne.
    On n’enseigne plus non plus la couture au collège, ni l’économie familiale.

    Je suis prof de physique-chimie et oui, «je vais perdre des heures». Arf, affreux, horrible !
    Si à côté de ces heures que je perds, le «flou» du programme me laisse faire ce que je veux, et par conséquent ce que j’aime, ce sont mes élèves qui vont y gagner.Signaler un abus

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  19. « les bilangues ne seront pas maintenues dans ces académies faute de continuité Primaire-Collège »

    100% de classes bilangues maintenues à Paris.
    85% à ce jour maintenues sur le territoire.Signaler un abus

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