L’audience devant le tribunal de police de Lille dans l’affaire de diffamation et injure non publiques, qui oppose le lycée privé musulman sous contrat Averroès à un enseignant démissionnaire, prévue vendredi, ne portera pas sur le fond, a-t-on appris auprès d’un avocat.

Il s’agira d’une audience de consignation, au cours de laquelle sera discuté le montant de la somme que le plaignant devra mettre de côté au cas où son action, à terme, serait jugée abusive.

L’audience de plaidoirie se tiendrat à une date ultérieure, a expliqué Me Hakim Chergui, l’avocat du lycée.

L’enseignant avait publié le 6 février une tribune dans Libération intitulée « Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès », dans laquelle il accusait les responsables du premier établissement privé musulman sous contrat avec l’Etat de jouer « double jeu », diffusant « de manière sournoise et pernicieuse une conception de l’islam qui n’est autre que l’islamisme ».

Moins d’une semaine après, la direction du lycée a lancé une procédure judiciaire par citation directe, rédigée sur la base des propos tenus par Soufiane Zitouni, professeur de philosophie, dans un courriel adressé à plusieurs collègues.

« Il a traité le lycée de nid de vipères hypocrites, affirmé qu’il y a de l’antisémitisme toléré et dit que les cours servent à diffuser l’idéologie salafiste », avait alors expliqué à l’AFP Me Hakim Chergui.

A la suite de cette affaire, le rectorat de Lille avait organisé une inspection et rédigé un rapport, publié le 20 février, dans lequel il estimait que le lycée respectait « globalement » les termes de son contrat avec l’Etat.

Le rectorat avait tout de même demandé que « le statut et la place du religieux dans l’établissement » soient « clarifiés » sur « certains points ».

Le lycée Averroès avait été désigné par la presse meilleur lycée de France en 2013, l’année de son dixième anniversaire.