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Les prostituées en majorité opposées à la pénalisation des clients (étude universitaire)

Les prostituées se disent largement opposées à la pénalisation des clients, selon une étude de l’université d’Aix-Marseille menée auprès de 500 prostituées, dont une minorité sont victimes de la traite, et diffusée mercredi. L’enquête a été menée entre mars 2014 et mars 2015, auprès de 500 personnes prostituées (femmes, hommes et transgenres) exerçant leur activité […]

Les prostituées en majorité opposées à la pénalisation des clients (étude universitaire)

Les prostituées se disent largement opposées à la pénalisation des clients, selon une étude de l’université d’Aix-Marseille menée auprès de 500 prostituées, dont une minorité sont victimes de la traite, et diffusée mercredi.

L’enquête a été menée entre mars 2014 et mars 2015, auprès de 500 personnes prostituées (femmes, hommes et transgenres) exerçant leur activité en France, précise un communiqué de l’université. Parmi elles, 39% sont Françaises, les autres étant issues principalement de 10 pays (Algérie, Brésil, Cameroun, Chine, Colombie, Ghana, Maroc, Nigeria, Pérou et Roumanie).

L’enquête visait à obtenir leur avis sur la proposition de loi visant à pénaliser les clients de la prostitution, qui sera examinée à partir de lundi par les sénateurs.

Selon cette enquête, 98% des prostituées s’opposent à la pénalisation des clients qu’elles « considèrent comme une augmentation de leur vulnérabilité à la violence et à la pauvreté » en les poussant « dans la clandestinité », et en « décourageant les clients les plus sûrs », explique le chercheur Nick Mai, professeur de sociologie à l’université métropolitaine de Londres. Il travaille dans le cadre d’une recherche financée par la fondation Amidex, et basée au laboratoire méditerranéen de sociologie de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme.

L’étude a été menée sur divers lieux de prostitution à Paris, Lyon, Marseille (78% sont des prostituées de rue), mais aussi sur le web. « Un soin particulier a été pris pour que les résultats ne soient pas influencés par la présence de personnes extérieures (proxénètes, etc.) », ni par la peur de la police, et « aucune pression n’a été exercée pour remplir les questionnaires », assure Nick Mai.

Parmi les sondées, 33 migrantes (du Ghana, du Nigeria et de Sierra Leone) ont été considérées comme victimes de la traite (7% de l’échantillon, et 11% des personnes migrantes du panel), ayant affirmé n’avoir pas décidé de se prostituer, n’avoir pas su ce qu’elles allaient faire avant d’arriver en France ou être obligées de se prostituer pour payer des dettes.

« Celles qui n’ont pas décidé de se prostituer se sont particulièrement opposées à la pénalisation car elles estimaient que la perte de revenus les rendrait encore plus vulnérables et précaires », précise un communiqué de l’université.

Par ailleurs, « beaucoup de répondants, migrants et non-migrants, estiment que les effets de la pénalisation ont été partiellement anticipés car les prix ont diminué et les clients les plus sûrs ont arrêté de les contacter ».

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