junge motivierte lehrerin vor der klasse © contrastwerkstatt - Fotolia

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C’était l’une des grandes annonces des premiers mois du quinquennat de François Hollande, qui avait fait de l’éducation sa priorité. Le dispositif « Plus de maîtres que de classes » (PDM)dévoilé fin 2012, devait à terme concerner 7000 des 60 000 postes prévus en cinq ans dans l’Education Nationale.

Alors que la mi-chemin approche, le plan, qui devait aider chaque élève à la maîtrise du socle commun via les apprentissages fondamentaux (lecture, écriture et calcul), gagne tout doucement les classes.

Son principe : affecter un enseignant supplémentaire au sein d’une école primaire, principalement en zone d’éducation prioritaire. Concrètement, la présence d’un maître PDM, amené à intervenir dans plusieurs classes en complément de l’enseignant référent, devait permettre la mise en place de nouvelles organisations pédagogiques, comme la pratique d’ateliers. L’objectif étant, via le suivi plus individualisé des élèves, de conduire à la réduction du sentiment d’échec ou d’abandon, en répondant mieux aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer.

Des modules de formation bientôt disponibles

Deux ans plus tard, comment se passe sa mise en place ? Après une première note d’étape en juin dernier (et avant le rendu du rapport final en juin 2015), le comité de suivi du dispositif devait transmettre un nouveau document en décembre 2014. Celui-ci est toujours en cours d’élaboration, confie-t-on au Ministère de l’Education. « On se sert vraiment des initiatives des écoles pour présenter des besoins d’accompagnement, notamment en termes de formation », explique la Direction générale de l’éducation scolaire (DGESCO).

La formation est au centre de l’attention du comité de suivi. Un programme doit être mis en place via Magistère, l’outil de formation continue interactive, qui présentera des modules en lignes, des vidéos mais aussi des rencontres sur sites au niveau des circonscriptions, ou dans des écoles de taille importante. L’objectif est de le mettre en place dès la rentrée.

Le co-enseignement prôné ?

Quant à l’application sur le terrain, un cap a été fixé : assurer la réussite des élèves avec une attention spécifique sur le cycle 2 (CP, CE1, CE2). S’y ajoute l’importance de l’intégration du maître supplémentaire dans l’équipe pédagogique. Une condition s’impose : son cahier des charges doit être bien défini et doit lui permettre de concentrer son action sur des élèves aux besoins identifiés.

Le dispositif fonctionnerait mieux dans le cadre d’un co-enseignement. La figure du maître de classe et son autorité sont maintenues, mais les interventions doivent apparaître aux enfants comme « à parité« . Les deux enseignants ont ainsi un rôle complémentaire mais le même statut aux yeux des élèves.

L’école primaire Tilleuls-Solitude de Douai, qui bénéficie du dispositif « Plus de maîtres que de classes » depuis la rentrée, en est un exemple. Surprise, contrairement à ce que l’on peut supposer, ce n’est pas un nouvel arrivant qui a endossé le costume du maître supplémentaire, mais une enseignante affectée depuis 12 ans dans l’école. « J’ai dû lâcher mon poste de titulaire pour postuler », explique Edith Fontaine à La Voix du Nord.

L’enseignante intervient désormais de la grande section au CE1 avec un appui en lecture et mathématiques. « Chaque séance est pensée différemment. On anime souvent la classe à tour de rôle. J’axe mon travail sur l’oral, histoire que chaque élève utilise son temps de parole. Ça nécessite une vraie remise en question de nos pratiques professionnelles, mais comme l’encadrement est individualisé, on a du temps à consacrer à chacun », explique-t-elle.

1848 emplois concernés à la rentrée 2014

« Plus de maîtres que de classes » prend peu à peu ses marques. Si une certaine disparité, relative au nombre d’équivalents temps plein dédiés au dispositif en fonction des académies (de 1 poste PDM pour 191 élèves à 1 poste pour 2515 élèves), a été constatée par l’Inspection générale, priorité a été donnée aux zones d’éducation prioritaires, mais aussi aux zones rurales isolées, où vivent des populations fragiles. Reste à l’étendre. A la rentrée 2014, on comptait 1848 emplois dans ce dispositif, soit tout juste 500 de plus qu’à la rentrée 2013.

 

Guillaume Bardou