Je-suis-charlie-640Samedi 10 janvier, au lendemain des prises d’otage à l’épicerie casher de la porte de Vincennes (Paris) et à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), et trois jours après la fusillade à Charlie Hebdo, la radio RTL recevait, dans le cadre de son émission « Le journal inattendu », des élèves de seconde, le dessinateur de presse Plantu, ainsi que la psychanalyste Claude Halmos.

Cette dernière est revenue sur la grande question qui taraude les parents d’élèves, autant que les enseignants, depuis mercredi dernier – devons-nous parler des attentats aux enfants ? -, en centrant son propos sur la petite enfance.

« Il est absolument nécessaire que les parents leur en parlent, surtout s’il s’agit de petits enfants. Tout le monde, aujourd’hui, parle de cela en France. Les enfants en entendent parler. Si l’on ne dit pas les faits, ils peuvent se raconter n’importe quoi, et ce qu’ils peuvent se fabriquer avec leur imagination sera toujours 1000 fois pire que la réalité. Parler, c’est de la prévention », explique Claude Halmos.

Leur parler de Charlie

Comment en parler ? “Il faut d’abord les écouter, c’est-à-dire leur demander ce qu’ils savent, comment ils l’ont appris, ce qu’ils en pensent, de façon à partir de ce qu’ils pensent eux, pour les faire progresser vers la vérité. Il faut ensuite raconter les faits, très sobrement, de façon à ce que ça ne prête pas une image terrifiante, mais en racontant bien les faits, sans détails », note la psychanalyste.

Ensuite, charge aux parents d’expliquer à leurs enfants que « le monde n’est pas pour autant une jungle, où tout peut arriver n’importe comment… mais que les gens réagissent. Voilà pourquoi il est très important de leur parler des manifestations qui se sont déroulées ces derniers jours, de leur parler de Charlie, ce mot si beau, qui signifie que tout le monde s’est rassemblé autour de valeurs ».

Enfin, les parents doivent être rassurants : « il faut leur parler de la police, du plan vigipirate, et du fait que nous sommes protégés. Sinon, c’est terrifiant pour un enfant de penser qu’un homme armé pourrait entrer n’importe où, n’importe comment et tuer tout le monde. »