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Payer les enseignants au mérite ? Najat Vallaud-Belkacem n’y est pas favorable. Le serpent de mer a resurgi lundi lors du passage de la ministre de l’Education nationale au 20h de TF1. Interrogée sur cette pratique, en vigueur notamment en Grande-Bretagne et en Suède, Najat Vallaud-Belkacem a estimé qu’il était préférable de mettre l’accent sur la formation et l’accompagnement des professeurs.

En France, pas de mise en concurrence des établissements

« Ce système dans lequel vous allez payer 10 000 € par mois un enseignant [sans dire] combien vous payez les autres, est-ce qu’il est vraiment satisfaisant ? J’estime que nous avons plutôt intérêt à mieux former les enseignants […], à les accompagner davantage au quotidien […] et à leur permettre d’exercer dans de bonnes conditions ».

Pour la ministre, le système scolaire français « a l’avantage de ne pas chercher à tout prix à mettre en concurrence les établissements les uns avec les autres ». « Nous ne sommes pas dans cette culture de la concurrence et du différentiel de salaire », a-t-elle estimé.

La rémunération au mérite, un sujet sensible

L’idée de payer les enseignants selon leurs performances suscite depuis plusieurs années de vifs débats entre partisans et détracteurs. En France, le sujet est encore sensible. En 2008, Michel Rocard avait démissionné de la commission Pochard sur la revalorisation du métier d’enseignant, à la suite d’un article lui prêtant la volonté de rémunérer les enseignants au mérite.

Une pratique que l’ancien ministre de l’Education Luc Chatel avait bien tenté d’amorcer en faisant passer en force un nouveau système d’évaluation des enseignants par les chefs d’établissement, juste avant l’arrivée au pouvoir de François Hollande en mai 2012. Réforme qui avait été annulée dès la prise de fonction de son successeur Vincent Peillon.