Une nouvelle école a été attaquée à la voiture bélier dans la nuit de lundi à mardi à Corbeil-Essonnes, sans provoquer d’incendie dans l’établissement, quelques semaines après trois attaques similaires, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Le véhicule a enfoncé le portail, puis a été brûlé sur le parking de l’école, mais le bâtiment n’a pas été atteint par les flammes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le feu, rapidement maîtrisé par les pompiers, s’est cependant propagé à un autre véhicule, dont l’arrière a fondu. Des traces de plastique brûlé et de suie étaient encore visibles mardi matin, mais le véhicule bélier avait été retiré.

L’auteur a réussi à prendre la fuite et une enquête a été confiée à la police judiciaire de Versailles.

« On en veut à la République », a déclaré sur place Jean-Michel Fritz, premier adjoint au maire UMP de Corbeil-Essonnes. « C’est du terrorisme. »

L’incendie a eu lieu dans le quartier Moulin-Galant, « un quartier tranquille », selon un agent de la municipalité venu réparer les rares dégâts.

« J’ai toujours pensé qu’on était protégé. On n’est pas dans le centre, on est presque à la campagne », a déclaré à l’AFP une employée de la cantine, qui n’a pas voulu donner son nom.

Les élèves, qui étaient mardi matin en sortie scolaire, sont arrivés dans l’école en fin de matinée, a constaté le journaliste de l’AFP.

– ‘Règlement de comptes’ –

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, une médiathèque et une école avaient déjà été incendiées à la voiture bélier dans le quartier sensible des Tarterêts, toujours à Corbeil.

Deux semaines plus tard, une autre école de la ville avait été attaquée de la même manière.

« Par la cible et le mode opératoire, on peut bien sûr faire un lien » avec ces incendies et cette nouvelle attaque à la voiture bélier, a assuré une source proche de l’enquête.

Plusieurs enquêtes en lien avec la mairie, dirigée de 1995 à 2009 par l’avionneur Serge Dassault, sont toujours en cours à Corbeil-Essonnes pour racket, menaces ou tentatives d’homicide.

Les enquêteurs s’interrogent sur un lien entre les incendies à la voiture bélier et les mises en examen du sénateur Dassault et de son successeur à la mairie Jean-Pierre Bechter dans une enquête pour « achat de votes ».

« On met le paquet » sur cette enquête, a assuré mardi une source proche du dossier, évoquant « un système pourri » et les difficultés rencontrées par les enquêteurs pour coopérer avec la municipalité.

« On n’a pas affaire à des jeunes de quartier mais à un réseau organisé de personnes qui ont des comptes à régler avec le sénateur et le maire », a estimé auprès de l’AFP Bruno Piriou, conseiller général Front de Gauche, qui parle de « règlement de comptes ». « Plus tôt il y aura un procès qui les empêchera de nuire, plus vite la ville retrouvera sa quiétude », a-t-il ajouté.

Au total, au moins 15 feux volontaires de bâtiments publics ou de voitures ont indirectement visé la municipalité ces quatre dernières années.