La Fédération nationale du bois (FNB), qui regroupe les principaux acteurs du secteur, a annoncé mardi qu’elle refusait de signer le « contrat de filière » pour le bois, devant optimiser les investissements dans ce secteur, qui emploie 450.000 salariés en France.

Le « contrat de filière » bois, qui a été présenté lundi par le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, doit être signé ce mardi.

Selon M. Macron, il doit permettre de « mieux organiser l’exploitation et la production » de la forêt française, car la filière bois, qui réalise un chiffre d’affaires de 60 milliards d’euros, est aujourd’hui « une des plus grandes aberrations économiques que nous connaissons », avec « un pays qui exporte son bois et qui importe massivement des produits finis à base de bois ».

Les exportations de bois ont atteint des niveaux record en 2014 (+100% pour le chêne, +70% pour l’hêtre), mais ces exportations massives constituent un « phénomène spéculatif » pour la FNB, qui souligne que les exportations vers l’Asie ont engendré un manque à gagner de 800 millions d’euros en valeur ajoutée, et la perte de plusieurs milliers d’emplois.

« Le gouvernement refuse de prendre une résolution ferme et claire sur le sujet de l’exportation des grumes et de déployer un plan d’action national et communautaire pour y mettre fin », explique Philippe Siat, le président de la FNB, pour justifier ce refus.

Dans un communiqué, la FNB souligne également que le secteur du bois est « en prise avec une concurrence de plus en plus rude », nécessitant plus d’un milliard d’euros d’investissements pour les trois années à venir, alors que l’aide promise par le gouvernement est bien inférieure.

« Les organisations professionnelles estiment ces besoins à 150 millions d’euros par an pendant dix ans. (Elles) considèrent que l’absence de moyens suffisants est de nature à compromettre le déploiement des actions du contrat de filière », précise la FNB, qui dit « rester ouverte aux aménagements utiles pour que ce contrat remporte le consensus attendu par tous ».

Début octobre, près d’un millier de professionnels s’étaient rassemblés devant l’Assemblée nationale pour dénoncer l’exportation « débridée » de troncs issus des forêts françaises et la mainmise des « spéculateurs » sur ce commerce.

Selon les professionnels, le secteur bois représente un chiffre d’affaires annuel de 3,5 milliards d’euros en France. Il compte 450.000 salariés, dont 35.000 pour la seule région Aquitaine.