© Petro Feketa - Fotolia.com

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Réunis à l’initiative du gouvernement, des experts en sciences de l’éducation, des inspecteurs de l’éducation nationale, des enseignants, des parents d’élèves, et même des élèves, se sont succédés les 11 et 12 décembre, lors de la Conférence nationale sur l’évaluation des élèves, qui s’est tenue les 11 et 12 décembre à Paris.

Des cas concrets

Ces deux journées ont été l’occasion de présenter quelques projets d’établissements scolaires, qui expérimentent de nouvelles formes d’évaluation.

Dans la circonscription de Pontault-Combault, à l’école élémentaire Normandie-Niemen, à Chevry-Cossigny, le protocole d’évaluation créé par André Antibi, l’EPCC (évaluation par contrat de confiance), a été mis en place, dans une optique participative. Ainsi, les élèves “co-construisent” leurs “fiches de réussite” et s’auto-évaluent. Selon Philippe Roederer, inspecteur de l’Education nationale (IEN), les performances des élèves seraient supérieures, comparées à la période précédant la mise en place de ce système.

A Niort, au collège Gérard Philipe, l’équipe pédagogique expérimente “l’évaluation positive”. L’évaluation chiffrée, “stigmatisante”, a été abandonnée, au profit d’une échelle à quatre niveaux, et de l’évaluation par compétences. Ce système mêle évaluation continue et différenciée, évaluations de groupe, auto-évaluation, et adapte aussi l’organisation des “îlots bonifiés”, qui repose sur le travail collectif. “Nous sommes moins stressés, les élèves en difficulté se sentent moins dévalorisés… nous n’avons pas peur de l’évaluation, cela nous pousse même à donner le meilleur de nous-même”, indique Léa Revranche, une élève.

Dans l’académie de Toulouse, enfin, l’école élémentaire de Daux teste un système d’évaluation innovant, basé sur un “contrat de confiance”. L’évaluation est ainsi préparée lors d’exercices où l’élève s’auto-évalue, avec des “scores de réussite” lui permettant d’évaluer l’acquisition de ses propres compétences. L’enfant remplit aussi une “fiche individuelle de suivi des acquis”, et se teste lors de bilans de séquence – ce qui permet de différencier l’évaluation, dans le cadre d’un “parcours d’apprentissage” personnalisé. Selon les enseignants, cette démarche permet de “replacer les potentialités des élèves au cœur du processus d’apprentissage”, et de passer d’une “évaluation subie” à une “évaluation choisie”.

Dépasser la question « note ou pas note »

“Ces différents exemples se rejoignent, car ils dépassent la question ‘note ou pas note’ !”, a lancé Etienne Klein, président du jury de la Conférence. “Car la vraie question n’est pas de savoir si nous allons utiliser une notation sur 20 ou sur 4, des lettres ou des smileys. Il s’agit plutôt de savoir comment différencier la phase d’apprentissage et la phase d’évaluation”, a-t-il conclu.

Le jury, qui regroupe 30 personnes, professionnels de l’éducation et parents d’élèves, s’est réuni dans la foulée de la Conférence, samedi 13 décembre. En janvier, il fournira des recommandations sur l’évaluation des élèves  à la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem.

Ces recommandations s’ajouteront au travail du  Conseil Supérieur des Programmes (CSP), qui a transmis au gouvernement, début décembre, ses propositions pour l’évaluation et la validation des acquis du “socle commun de connaissances, de compétences et de culture” – ce que l’élève doit maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire.