Le président de l’Université Toulouse-2 Jean-Jaurès (UT2J), fort d’une décision de justice en sa faveur, a exigé mardi l’évacuation de militants qui occupent depuis deux semaines une partie des bâtiments afin de protester contre « l’austérité » budgétaire.

Le tribunal administratif, saisi en référé par l’UT2J, a ordonné l’évacuation sans délai des occupants, a annoncé le président Jean-Michel Minovez lors d’une conférence de presse.

« Il faut laisser un délai raisonnable pour l’évacuation. La loi dit deux jours. Je peux aller jusqu’à quatre, cinq jours », a-t-il ajouté, écartant une intervention immédiate des forces de l’ordre.

« Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Nous espérons trouver une solution de compréhension », a dit le président, indiquant avoir « rencontré » les occupants ce mardi matin, sans cependant avoir obtenu de réponse claire. « Ils ne forment pas un groupe homogène », a estimé M. Minovez.

Selon le président, « quelques salles de trois bâtiments » de l’université sont occupées. Une dizaine de tentes ont été de plus montées à même le gazon entourant les facultés, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les occupants, installés depuis le 25 novembre, sont « au moins une centaine », a affirmé à l’AFP Rémi, un membre du « Comité de mobilisation » à la tête du mouvement. « Six salles » sont occupées, « sans bloquer les cours », a ajouté l’étudiant, requérant l’anonymat.

Les occupants dénoncent « la politique d’austérité » par laquelle « l’Etat se désengage des universités », selon un tract militant.

Le président de l’UT2J dénonce lui aussi « une austérité généralisée » de l’enseignement et de la recherche mais s’oppose aux formes de lutte de certains étudiants.

M. Minovez a ainsi récusé le blocage de l’université voté mardi midi lors d’une réunion militante. « C’est inacceptable », a-t-il jugé, affirmant que seules « quelques dizaines d’individus » avaient voté le blocage.

Le numéro un de l’UT2J a souligné qu’un vote électronique des étudiants, organisé le weekend dernier, avait quant à lui réuni quatre mille voix contre le blocage de l’université, sur 5.400 participants. Les 25.000 étudiants de l’université avaient été invités à ce vote électronique, selon les organisateurs.

Selon Rémi, une « assemblée générale » s’est bien tenue mardi midi, « mais seulement 200 ont voté pour le blocage ». « Je ne sais pas si on va le mettre en place », a-t-il ajouté.

Les participants ont également appelé à se joindre à la manifestation à Toulouse, jeudi, qui se déroulera dans le cadre de la protestation nationale à l’appel du collectif « Sciences en marche » et d’organisations syndicales.

Mardi matin, une petite centaine de militants ont par ailleurs empêché la tenue d’un conseil d’administration destiné à se prononcer par vote sur le budget de l’UT2J.