Le Sénat revenu à droite a rejeté mercredi les crédits Recherche et enseignement supérieur à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2015, refusant, selon Philippe Dallier (UMP), « de signer un chèque en blanc » au gouvernement.

Les sénateurs ont dans un premier temps adopté un amendement de Dominique Gillot (PS) et de Jacques Grosperrin (UMP) rétablissant 135,5 millions d’euros retirés à la mission à l’Assemblée nationale.

« Leur sanctuarisation permettra de redonner confiance à la communauté scientifique, lui garantissant les engagements pris », a déclaré Mme Gillot.

Mais par la suite les sénateurs de droite ont rejeté l’ensemble des crédits de la mission en estimant que « le rétablissement des 136 millions d’euros prélevés de façon scandaleuse par le gouvernement à l’Assemblée à seule fin d’équilibrer les comptes de l’Etat, ne suffisait pas à justifier leur adoption ».

« Le président de la République a pris l’engagement de remettre l’éducation et la jeunesse au coeur de l’action publique. Ce budget n’est pas à la hauteur de ces ambitions », a critiqué Françoise Férat (UDI-UC). « Les enseignants-chercheurs s’interrogent sur la sincérité des déclarations d’amour du président de la République », a affirmé de son côté Jacques Grosperrin.

En rejetant l’intégralité du budget Recherche et Enseignement Supérieur, « la droite sénatoriale a claqué la porte au nez de la communauté scientifique », s’est insurgé David Assouline (PS), accusant la majorité sénatoriale de poursuivre « son travail de déconstruction systématique sans présenter aucune autre alternative ».