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Demain, les élèves en difficulté ne craindront peut être plus de rentrer chez eux avec un « zéro pointé », ou un médiocre « 7/20 ». Pour rendre l’évaluation scolaire « bienveillante », le Conseil supérieur des programmes (CSP) souhaite remplacer le système de notation actuel, sur 20, par un barème de 4 à 6 niveaux.

Le quotidien Le Monde, qui a pu consulter un document du CSP remis, le 27 novembre, à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, indique : « finie l’inflation des contrôles, la profusion de notes et de moyennes. Fini, aussi, le diplôme national du brevet tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec sa semaine d’épreuves au mois de juin. »

Avec sa proposition d’en finir avec la notation sur 20, le CSP va dans le sens des dernières recherches sur le sujet, qui analysent les effets des notes sur les élèves. Au journal Metro, le sociologue Michel Fize, chercheur au CNRS, expliquait, en juin dernier : « une mauvaise note ne pousse pas l’élève. Au contraire, elle décourage, car elle crée un système de compétition, de classement, qui n’a absolument pas sa place à l’école primaire, ni même au collège, où il s’agit d’apprendre les bases”.

L’évaluation par contrat de confiance

André Antibi, professeur de mathématiques à l’université Paul-Sabatier à Toulouse, a un avis plus nuancé. « Peu importe qu’il s’agisse de notes, de lettres ou de couleurs, ce n’est pas le problème essentiel !  Le mal dont souffre l’école est plus profond.  Le danger, c’est de faire croire qu’on va régler le problème de l’évaluation en France en supprimant les notes », nous expliquait-il en octobre dernier.

Favorable à l’absence de notes en maternelle « et peut-être même jusqu’à 7 ou 8 ans », le chercheur en didactique préconise surtout la mise en place d’un système alternatif, l’évaluation par contrat de confiance (EPCC), utilisée en France par 50 000 enseignants, et qui repose sur la coordination entre l’enseignant et ses élèves.  « Une semaine avant le contrôle, il s’agit de donner aux élèves une liste de questions, relatives au programme scolaire, déjà traitées et corrigées en classe. Les élèves savent que le sujet sera essentiellement constitué de certaines questions de la liste. On ne donne pas le sujet à l’avance, mais on ne cherche pas à prendre l’élève au dépourvu », explique-t-il.

80% des Français contre la suppression des notes

Le CSP, instance chargée de réécrire les programmes, n’est que consultative. « Rien ne dit que le ministère ira dans son sens. Si l’ancien ministre Vincent Peillon avait voulu en faire une structure forte et indépendante de son ministère, ses successeurs ont émis des signaux contradictoires », constate Le Monde.

Le jury de la Conférence nationale sur l’évaluation des élèves, lancée par Benoît Hamon en juin 2014, remettra ses recommandations au ministère de l’éducation nationale, après les Journées de l’évaluation, qui se tiendront du 8 au 13 décembre 2014, durant lesquelles seront organisés auditions d’experts et débats publics.

Ce sera ensuite au gouvernement de trancher, entre les conseils contrastés des experts et l’avis de la population : selon un sondage Ifop pour Metro, 80% des Français seraient opposés à la suppression des notes.