Le président de l’Association des maires de France (AMF), Jacques Pélissard, a affirmé lundi que le « jacobinisme », qui préside aux réformes comme celle emblématique des rythmes scolaires, n’était « plus d’actualité » dans les outre-mer.

M. Pélissard accueillait dans les locaux de l’AMF la première journée du 97e Congrès traditionnellement consacrée aux maires des départements et collectivités d’outre-mer, qui ont fait part des multiples difficultés voire de leur incapacité à appliquer des réformes pensées très loin de leurs réalités.

Ainsi sur les rythmes scolaires, le président de l’association des maires de Guyane, David Riché, a raconté le quotidien d’enfants guyanais « qui se lèvent à 4H du matin pour prendre la pirogue et aller à l’école ». « Je ne pense pas qu’une journée pleine le mercredi soit favorable à leur métabolisme », a ajouté M. Riché, maire de Roura, commune de 3.000 habitants sur une superficie « 80 fois celle de Bordeaux ».

« C’est méconnaître la réalité », a estimé Jacques Pélissard. De même sur la réforme territoriale qui imposerait un chiffre plancher de 20.000 habitants pour les intercommunalités: « c’est une erreur », a-t-il ajouté, « et cela vaut aussi pour le financement des Sdis (services départementaux d’incendie et de secours) ».

« C’est un jacobinisme qui n’est plus d’actualité. Il faut laisser une possibilité d’adaptation », a soutenu le président de l’AMF, pour qui il revient « aux élus de porter des solutions » adaptées à leur territoire.

Pour valoriser leurs atouts ou rattraper des retards structurels dans les équipements, les maires ultramarins estiment « qu’au lieu d’une baisse de dotation, nous aurions plutôt besoin de ressources nouvelles », selon les termes de Jean-Claude Lombion, président de l’association des maires de la Guadeloupe.

L’idée d’une « motion spécifique » de l’AMF sur les outre-mer pour promouvoir une « approche différenciée » a été portée lors des débats. Elle devrait être travaillée pour « être remise demain (mardi) à la ministre George Pau-Langevin » qui recevra les élus au ministère des Outre-mer.