L’ancien ministre de l’Éducation nationale Jack Lang a plaidé vendredi pour une « révolution éducative », une meilleure formation des professeurs et une modification radicale des programmes, s’avouant peu convaincu par l’action du gouvernement.

« Notre système d’éducation mériterait d’être profondément transformé, je rêve d’une révolution éducative », a déclaré Jack Lang sur Sud Radio.

« Pour 70% des élèves, le système est un bon système, et même excellent. Malheureusement il est incapable de traiter les 25 ou 30% qui décrochent et qui perdent pied », a-t-il déploré.

Selon l’ex-ministre, « les solutions sont connues ». Jack Lang a préconisé « une meilleure formation des maîtres », et un changement de « l’esprit du système, en accordant à la créativité, à l’esprit d’initiative et à l’esprit d’équipe une plus grande place ». Enfin, il a plaidé pour une modification des programmes « qui sont lourds, souvent incohérents, et qui n’ont fait que s’aggraver au cours des années ».

« Je n’ai pas l’impression qu’on prenne ça à bras-le-corps », a-t-il dénoncé.

Pour M. Lang, le mode de recrutement des enseignants est « anormal ». « Je regrette que la mesure que nous avions introduite dans le programme présidentiel de François Hollande, la création d’écoles supérieures professionnelles de formation des maîtres, n’ait pas été réalisée concrètement », a-t-il dit, ajoutant : « C’est la clé de tout, la formation des maîtres ».

« Ce ne sont pas les universités qui peuvent former à l’exercice pratique du métier », a-t-il argumenté, imaginant des « écoles spécialisées (…) qui s’inspirent des meilleures méthodes pédagogiques ». « Malheureusement, on ne le fait pas », a-t-il affirmé.

La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé un peu plus tôt vendredi un budget de cinquante millions d’euros par an, pour lutter contre le décrochage scolaire.

« Je ne connais pas ce plan », a dit Jack Lang, espérant « qu’il « rectifiera un peu le tir ».

L’ex-ministre a également critiqué la réforme des rythmes scolaires. « Pourquoi a-t-on introduit toutes ces histoires de périscolaire, qui sont source d’inégalités entre communes ? », a-t-il demandé.

« Pour moi l’art, les sports, qui développent l’épanouissement de l’enfant, doivent s’organiser à l’intérieur de l’école dans le temps scolaire, et pas à l’extérieur », a-t-il poursuivi.

Selon M. Lang, la situation sur le terrain « n’est pas très brillante », et même « désastreuse » dans certaines villes, comme dans les quartiers nord de Marseille ou de nombreux établissements peinent à s’adapter aux nouveaux rythmes.