Le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, lance jeudi un appel pour développer la recherche sur l’école maternelle, une « réussite française que beaucoup de pays nous envient » mais qui a été « désorientée ces dernières années par des injonctions contradictoires ».

Cet appel, lancé lors d’un colloque organisé par le syndicat à Rennes, est co-signé par une cinquantaine de personnalités du monde éducatif.

La recherche « a permis de mieux comprendre quels sont les compétences, les besoins des jeunes enfants, comment se développent leur socialisation et leur langage, comment se construit leur entrée dans le monde de la lecture et l’écriture, ou comment s’opère la compréhension des nombres. De nouvelles recherches méritent d’être lancées et financées en y associant des équipes enseignantes volontaires », plaide ce texte, demandant une impulsion du ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

L’image de la maternelle a été « brouillée » ces dernières années, regrette l’appel. « Bousculée et désorientée par nombre d’injonctions contradictoires » elle a été « peu à peu envahie par le modèle de l’école élémentaire et ce, parfois jusqu’aux plus petites classes ».

La loi sur l’école de 2013 a redéfini les missions de la maternelle pour « mettre un terme » à une « primarisation » qui « profite toujours aux élèves les plus avancés » et « jamais aux plus fragiles », concède l’appel.

Mais les nouveaux programmes de maternelle qui entreront en vigueur à la rentrée 2015 ne suffiront pas, prévoient le signataires.

« Les enseignants sont trop souvent délaissés et isolés face à un métier de plus en plus difficile. Ils ont besoin d’être aidés et formés ».

Or la France « souffre d’un réel déficit de développement et de diffusion de recherches sur l’école primaire et notamment sur l’école maternelle. Les spécialistes se font de plus en plus rares. Résultat, les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) n’ont pas toutes les ressources nécessaires pour assurer une solide formation initiale et revivifier une formation continue » en « totale déshérence ».

Parmi les signataires, le chercheur en pédagogie Philippe Meirieu, les professeurs de sociologie François Dubet et Marie Duru-Bellat, le spécialiste de l’apprentissage du calcul Rémi Brissiaud, le président de l’association Craps-Cahiers Pedagogiques Philippe Watrelot, les historiens Claude Lelièvre et Philippe Joutard ou la chronobiologiste Claire Leconte.