Rosetta probe and comet 67P Churyumov-Gerasimenko - Elements of this image furnished by NASA

Rosetta probe and comet 67P Churyumov-Gerasimenko – Elements of this image furnished by NASA

Il s’agit d’une première dans l’histoire de la conquête spatiale. Après un voyage long de dix ans, la sonde spatiale européenne Rosetta a posé, ce mercredi, en fin d’après-midi, un robot atterrisseur, Philae, sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Une comète d’une valeur inestimable pour les scientifiques : vestige des premières étapes de la formation du système solaire, il y a 4,6 milliards d’années, “Tchouri” pourrait permettre aux chercheurs de découvrir, peut-être, la composition de notre système solaire à ses débuts.

En orbite autour de Tchouri depuis août 2014, la sonde Rosetta s’est approchée au plus près de la comète (entre 5 et 10 km). Vers 10h du matin, ce 12 novembre, Philae s’est détaché de son « vaisseau-mère« , entamant une descente d’une durée approximative de 7h, à la vitesse moyenne de 3 km/h. Puis, à 17h, le robot s’est posé sur le sol de Tchouri.

Une descente périlleuse

Conçu par l’Agence spatiale européenne (ESA), Philae est un petit module de 100 kg (1g sur la comète), d’une dimension de 1 m3. En chute libre, le petit robot a atteint sans encombre Agilkia, le sommet du plus petit des deux lobes de la comète. Une mission qui s’annonçait un peu périlleuse, puisque le robot ne pouvait être “piloté” en temps réel. Philae possède un propulseur qui lui a permis d’éviter de rebondir sur le sol. Mais en cas de rebond, et si ses griffes ne lui avaient pas permis de s’accrocher au sol, l’engin aurait pu voguer, sans espoir de retour, dans l’espace. En cas de chute sur un rocher, il aurait tout aussi bien pu basculer sur le dos.

Pendant sa descente, Philae était surveillé par des techniciens du centre de contrôle de l’ESA, à Darmstadt, en Allemagne, et par les ingénieurs du CNES (Centre National d’Études Spatiales) de Toulouse. Pour l’occasion, la Cité de l’espace, qui avait organisé une exposition sur Rosetta cet été (voir la vidéo ci-dessous), a ouvert gratuitement ses portes, diffusant des images en direct, en liaison avec le CNES et Darmstadt.

L’histoire du système solaire

Concrètement, Philae, muni d’une dizaine d’instruments de mesure, creusera un trou d’une vingtaine de centimètres de profondeur dans le sol de Tchouri. Ses analyses devraient permettre aux astronomes d’en savoir plus sur l’histoire de notre système solaire.

67P/Churyumov-Gerasimenko, qui se trouve à 510 millions de kilomètres de la terre, a subi peu d’interactions avec les rayons du Soleil, et la glace qui recouvre la comète, ainsi que son noyau, contiennent ce que les chercheurs nomment les “briques moléculaires élémentaires” du système solaire. Ainsi, Tchouri est constituée de glace, d’eau, mais aussi de macromolécules organiques, présentes au moment de la formation des planètes, dont les propriétés auraient été favorables à l’apparition de la vie.

Aux origines de la vie

L’étude, par Philae, de la composition de ces “molécules primitives”, servira aux chercheurs à vérifier si la vie sur Terre a pu survenir après la chute de comètes contenant de telles molécules. Elle permettra, d’une façon plus générale, d’en apprendre beaucoup sur les mécanismes physico-chimiques de l’apparition de la vie, mais aussi de l’eau sur terre – selon la théorie de certains chercheurs, notre planète en aurait été dépourvue, jusqu’à la chute de nombreuses comètes, il y a 3,9 milliards d’années.

L’atterrissage de Philae est à revoir sur le site de National Geographic Channel, qui relaie les images de l’Agence Spatiale Européenne, ainsi que sur le site du CNES. A cette occasion, National Geographic Channel diffusera aussi un documentaire, le 15 novembre à 12h50, baptisé “Mission spatiale: Rosetta”.

 

Fabien Soyez