Baisse du redoublement depuis 20 ans, plus ou moins forte selon l’origine sociale

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Le redoublement, jugé inefficace et coûteux par le ministère de l’Education, a fortement diminué depuis 20 ans, une baisse plus marquée pour les enfants de cadres que pour les enfants d’ouvriers, selon une étude publiée jeudi.

« Plusieurs études ont montré que le redoublement est dans la plupart des cas inefficace, pénalisant et largement inéquitable », souligne la note de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp).

La proportion d’élèves en retard scolaire en 3ème a été presque divisée par deux en vingt ans, passant de 46% en 1993 à 24% à la rentrée 2013, précise l’étude. En 2013, moins de 2% des élèves avaient deux ans de retard, contre plus de 15% vingt ans auparavant. La 3ème est la classe où l’on redouble le plus, notamment pour passer en seconde générale ou technologique.

Toutefois, « le taux de redoublement reste très corrélé » à la catégorie socioprofessionnelle de la famille, indique l’étude.

Un élève sur cinq (20%) issu des ZEP les plus en difficulté entre en 6ème avec au moins un an de retard, contre presque moitié moins (11,3%) pour les élèves hors éducation prioritaire.

La part d’élèves en retard en fin de collège a diminué d’un tiers en dix ans chez les enfants d’ouvriers non qualifiés, et de moitié chez les enfants de cadres.

« On a longtemps pensé que le redoublement permettait d’offrir à l’élève une chance supplémentaire de maîtriser les compétences attendues », rappelle la Depp.

Mais en étudiant le parcours des élèves « à l’heure », il « apparaît que la politique de diminution du redoublement a permis d’atteindre une meilleure fluidité des parcours, sans affecter la réussite des élèves qui a globalement progressé ».

« Le redoublement peut non seulement s’avérer inefficace pour aider les élèves peu performants à surmonter leurs difficultés scolaires, mais également creuser les inégalités socio-économiques », estimait aussi récemment l’OCDE dans une note « Pisa à la loupe ». L’OCDE soulignait que « certains pays qui recouraient beaucoup au redoublement se sont détournés de cette pratique à la faveur d’un soutien plus intensif et précoce aux élèves en difficulté ».

En France, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem veut limiter le redoublement à « des cas exceptionnels », en mettant « le paquet » sur l’accompagnement personnalisé des élèves en difficulté.

Le Conseil national d’évaluation du système éducatif (Cnesco) organisera de son côté en janvier une conférence de consensus sur le thème « Lutter contre les difficultés scolaires: le redoublement et ses alternatives? ».

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