Des pauvres de plus en plus précaires, mais peu visibles (Secours catholique)

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Les pauvres sont de plus en plus pauvres, mais deviennent de moins en moins visibles, comme les seniors précaires ou les hommes seuls, témoigne le Secours catholique dans son rapport annuel publié jeudi.

En 2013, l’association a apporté une aide à 1.477.000 personnes dont 692.000 enfants.

« La pauvreté s’intensifie et s’enracine. On rencontre davantage de personnes avec un niveau de vie de plus en plus faible », a expliqué à l’AFP Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique.

En moyenne, les bénéficiaires disposent d’un revenu de 515 euros par mois et par unité de consommation, soit 17 euros par jour, bien en dessous du seuil de pauvreté (987 euros) et du seuil de très grande pauvreté (651 euros). Et 16% ne disposent d’aucune ressource.

Les personnes seules représentent 40% des bénéficiaires, devant les familles monoparentales (30%, +2,4 pts par rapport à 2012) et les couples avec enfants (24%, +6pts), ce qui montre que le couple n’est plus un rempart contre la pauvreté.

Si les jeunes sont très présents (48,5%), la part des seniors ne cesse d’augmenter (25,5% en 2013). « La paupérisation des seniors s’accentue, avec pour premières victimes les femmes, celles qui n’ont pas connu le plein emploi », avec des parcours souvent chaotiques, des contrats précaires, et qui disposent donc de pensions très faibles, ajoute M. Thibaud. Le revenu moyen des femmes de 55-64 ans aidées par le Secours catholique était de 618 euros en 2013.

Ces seniors font partie de « ces pauvretés qu’on ne voit plus », tout comme les hommes seuls, estime le Secours catholique.

Qu’ils soient jeunes, migrants, grands exclus, pères célibataires, les hommes seuls sont ceux qui ont le moins de revenus, avec un niveau de vie moyen de 437 euros par mois. 28% n’ont aucune ressource.

Ils sont particulièrement victimes du mal-logement (45% vivent chez un proche, en centre d’hébergement, dans un squat ou à la rue), et « souffrent d’un très fort isolement ».

Autre précarité invisible, la précarité énergétique qui ne fait que croître, avec une augmentation importante des impayés d’énergie. « Les gens doivent choisir entre se nourrir et se chauffer », déplore M. Thibaud, qui en appelle au chef de l’Etat. « Il est indispensable de revoir notre dispositif de protection sociale, qui ne protège plus les plus fragiles. »

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