pomme pourrie

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De nombreux enseignants américains ont bondi en achetant leur Time magazine daté du 3 novembre. En cause, le titre d’un article en Une, traitant du système de titularisation des professeurs dans la plupart des Etats. « Pommes pourries : il est presque impossible de virer un mauvais enseignant », titrait le magazine.

Les enseignants et syndicats outrés

L’article évoque une décision rendue en juin dernier par un juge de Los Angeles, qui remet en cause le système de protection dont bénéficient les professeurs dans de nombreux Etats. Ce système, qui rend très difficile et coûteux le licenciement des profs, est vivement combattu par un groupe d’investisseurs de la Silicon Valley, explique le magazine.

La publication de cette Une a bien sûr déclenché une vague de critiques outre-Atlantique, la plupart émanant de syndicats d’enseignants, et des professeurs eux-mêmes. Si la plupart estimaient le contenu de l’article plutôt pertinent, son titre a en revanche été jugé inapproprié.

Pour Mary Bouwense, présidente « pro tempore » de l’association Grand Rapids Education, le système de titularisation des enseignants est mal compris : « un des plus grand malentendu est qu’il constitue une protection ou un travail à vie, explique-t-elle sur Fox17online.com. Cette procédure officielle est destinée à éviter à de bons enseignants d’être renvoyés ou non renouvelés pour de mauvaises raisons ».

Les réseaux sociaux s’enflamment

Ce choix de titre douteux a aussi vivement été condamné sur les réseaux sociaux, le hashtag #TIMEfail ayant recueilli une vingtaine de milliers de tweets. Une pétition a été lancée par l’American Federation of Teachers demandant au magazine de s’excuser pour sa Une, qui ne représente pas le contenu propre de l’article. « Mais tout ce que des millions d’Américains vont voir, c’est cette couverture et une attaque mensongère sur les enseignants », indique la pétition, qui affichait ce wek-end plus de 80 000 signatures.

Dans une vidéo publiée jeudi par l’American Federation of Teachers, des enseignants et parents viennent déposer au siège du Time magazine une centaine de milliers d’exemplaires de cette pétition, munis de pancartes « les enseignants ne sont pas de mauvaises pommes ».