Plus de chances d’accéder vite à l’emploi durable avec des parents cadres

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Près de 6 jeunes sur 10 (57%) ayant fini leurs études en 2010 ont connu rapidement un accès durable à l’emploi, proportion qui monte à 71% pour les enfants de cadres, selon une étude du Centre d’étude et de recherche sur les qualifications (Céreq) publiée jeudi.

A l’inverse, l’accès rapide à un emploi stable descend à 55% pour les jeunes issus d’une famille d’ouvriers ou employés et tombe à 51% pour les jeunes issus de l’immigration, selon la 5ème édition de l’enquête « Quand l’école est finie », menée au printemps 2013 auprès de 33.500 jeunes sortis de formation initiale en 2010, et présentée au ministère de l’Education nationale.

« On a des inégalités sociales d’insertion. Le risque de rester hors de l’emploi ou en marge est trois fois plus important quand on est fils d’ouvrier ou d’employé que fils de cadre », a souligné Alberto Lopez, directeur du Cereq.

En trois ans, 11% des jeunes ont connu un accès progressif à l’emploi, 8% une sortie d’emploi, 14% un maintien aux marges de l’emploi et 10% sont retournés en formation.

Par diplôme, l’accès durable à l’emploi concernait 86% des titulaires d’un doctorat, 78% des titulaires d’un master, 67% des Bac+3/+4, 68% des Bac+2 (hors santé social), 48% des CAP-BEP et seulement 24% de ceux qui ont quitté le système éducatif sans diplôme. Les Bac+2/+3 santé social affichent la meilleure performance (95%).

« Si le diplôme n’est plus suffisant pour protéger du chômage et d’une insertion professionnelle chaotique, il est toujours et de plus en plus nécessaire », souligne l’étude. Ainsi, 28% des non diplômés ont passé plus de deux ans en recherche d’emploi.

L’origine sociale pèse aussi sur le niveau des postes occupés: un enfant de cadre a quatre fois plus de chances de devenir cadre qu’un enfant d’ouvrier.

« Malgré la morosité associée à la crise et les évolutions des conditions de travail dans les entreprises, qui pose question », deux tiers des jeunes se disent satisfaits dans leur emploi, a indiqué M. Lopez. De même, 65% des jeunes s’estiment employés à leur niveau de compétence.

L’insertion professionnelle est plus difficile pour les jeunes des quartiers sensibles et pour les jeunes issus de l’immigration, dont 15% estiment avoir été victimes de discrimination.

« L’école doit aussi se préoccuper de ce que deviennent les élèves qui l’ont quittée », a estimé la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, pour qui il faut s’attaquer au poids des inégalités sociales dans l’insertion professionnelle.

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