Jack Lang juge la politique éducative « pas à la hauteur »

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La politique éducative du gouvernement « n’est pas à la hauteur des ambitions et des nécessités », a critiqué mercredi l’ancien ministre de l’Education nationale Jack Lang sur France Inter, réclamant « une révolution éducative ».

Il s’est dit « révolté » par « la situation qui est faite à 20 ou 30% d’élèves en grande difficulté », estimant qu' »on s’en contre-fiche, et c’est une souffrance pour ces élèves et pour leur famille, c’est un immense gâchis. Ce devrait être un impératif national absolu ».

Il faut « s’attaquer avec énergie et détermination aux racines du mal », a exhorté le président de l’Institut du monde arabe, citant la formation des enseignants, les programmes scolaires, le rétablissement d’un « plan ambitieux pour les arts et la culture à l’école » et « la lutte contre la ségrégation territoriale ».

Le responsable socialiste a estimé « qu’on a en partie raté la réforme » de la création des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé), qui ont ouvert à la rentrée 2013, rétablissant une formation des enseignants, en alternance. Elles ne sont pas « suffisamment pratiques et tournées vers l’apprentissage concret ».

« On a commis l’erreur de mettre ça entre les mains des universités (…) qui n’ont pas la compétence pour former, ou aider à former des maîtres de l’école et du collège », a-t-il argumenté.

Il a également critiqué la réforme des rythmes scolaires: « on aurait pu s’assurer qu’il y ait une égalité territoriale ». Il a aussi jugé que les activités périscolaires, dévolues aux collectivités locales, « ont leur place dans le temps de l’école ».

L’actuelle ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem a défendu mardi soir la formation des enseignants et la réforme des rythmes, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« Je suis très fière que notre gouvernement ait réussi à installer dès la première année ces Espé, quitte à les améliorer ensuite en avançant ». Elles ont été installées au sein des universités « parce qu’il nous semblait extrêmement important de les adosser à la recherche », pour que les professeurs « puissent très tôt dans leur carrière s’habituer à évaluer leurs pratiques, à voir évoluer aussi leurs connaissances ». « Nous sommes sur une amélioration permanente de la machine ».

Elle a réitéré que la réforme des rythmes s’était faite « dans l’intérêt des enfants » et mis en avant une « satisfaction » dans les communes pionnières en 2013.

Sur l’éducation artistique et culturelle, elle a indiqué qu’elle présenterait avec son homologue à la Culture Fleur Pellerin une feuille de route dans deux à trois semaines.

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