Les diplômés ne quittent pas la France

Dans Les Echos, Pierre-Henri Bono, chercheur au LIEPP de Sciences-Po, juge qu’il n’y a pas de fuite des cerveaux en France. Un point de vue unanime ?

Geöffnete Tür führt ins Licht

Geöffnete Tür führt ins Licht © fotoherkules-fotolia.com

C’est un avis que l’on n’a pas coutume d’entendre souvent en France. Dans une tribune intitulée « La fuite des cerveaux, un fantasme français » publiée par Les Echos, le chercheur Pierre-Henri Bono, directeur de projet au LIEPP (Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques) de Sciences-Po, s’intéresse à l’exode des diplômés français.

Pierre-Henri Bono commence par l’analyse des chiffres concernant les personnes ayant le bac et plus, soit tous les diplômés du supérieur. Dans ce cas, « le taux d’émigration, c’est-à-dire le rapport entre le nombre de personnes se trouvant à l’étranger sur le nombre total de personnes ayant le même niveau, est parmi les plus faibles en Europe. Avec un taux de 5 % en 2010, la France est loin du Royaume-Uni (18 %) ».

Il s’intéresse ensuite exclusivement « aux plus hauts potentiels », c’est-à-dire « les diplômés des Grandes Écoles ou les titulaires de doctorat dans les domaines de pointe » choisissant de s’expatrier aux Etats-Unis. S’appuyant sur une étude de l’Institut Montaigne, il note que « pour un large éventail de disciplines et en regardant les 30 meilleurs établissements de recherche américains, on ne dénombre, à rebours des tendances alarmantes souvent décrites, que… 70 chercheurs français« .

Fuite ou pas fuite ?

On lisait pourtant le 6 juin dernier un point de vue tout autre, dans Le Figaro, sous la plume de Franck Ferrand.  « 79 % des diplômés de grandes écoles – autant dire quatre brillants jeunes Français sur cinq – envisageraient de quitter la France et de s’en aller, au plus tôt, chercher un emploi à l’étranger » écrit-il ainsi. Or, Franck Ferrand s’appuie lui aussi sur une étude de l’Institut Montaigne…

Alors, qui croire ? Le Monde titrait le 15 octobre dernier « Querelle sur l’exil des Français à l’étranger« . Suite à une requête de l’UMP  le 9 avril dernier, demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’ »exil des forces vives », une étude parlementaire a en effet été réalisée et publiée le 15 octobre par Yann Galut, député (PS) du Cher. Or, suite à cette étude, il s’avérerait qu’il n’y a « pas de fuite des cerveaux » en France. Ainsi, « les chiffres de l’émigration française restent modestes, aussi bien en comparaison internationale que sur le plan démographique ». Il y a certes une augmentation du nombre des expatriés français, mais comme dans les autres pays de l’OCDE. Donc, finalement, rien d’alarmant ?

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.