Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré mardi qu’il était déterminé « à faire en sorte que le droit passe » à Corbeil-Essonnes, où trois bâtiments municipaux ont été incendiés en deux semaines, lors d’un déplacement dans une des écoles brûlées.

« Nous sommes venus dire notre détermination à faire en sorte que le droit passe », a-t-il affirmé aux côté de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

« Les événements d’hier (lundi) sont des événements graves », a affirmé cette dernière, évoquant « une violence physique et symbolique inouïe » destinée « à terroriser la population ».

Trois équipements municipaux ont été incendiés en deux semaines à Corbeil-Essonnes par des voitures-bélier en flammes: une école et une médiathèque du quartier sensible des Tarterêts, dans la nuit du 5 au 6 octobre, et une nouvelle école, dans la nuit de dimanche à lundi.

Des habitants et des parents d’élèves s’interrogent l’éventualité d’un lien entre ces incendies et la mise en examen, en janvier, du maire UMP Jean-Pierre Bechter, dans une enquête sur des soupçons d’achats de vote.

Plusieurs enquêtes en lien avec la mairie, dirigée de 1995 à 2009 par l’avionneur Serge Dassault, sont toujours en cours, pour racket, menaces ou tentatives d’homicide. En avril, le sénateur UMP avait été mis en examen pour « achat de votes », dans la même affaire que Jean-Pierre Bechter.

« La justice doit nous aider à en finir avec les règlements de compte » entre « gangsters », a lancé aux ministres Bruno Piriou, conseiller général Front de gauche.

« Il y a des procédures judiciaires en cours, chacun les connaît », a répondu Bernard Cazeneuve dans l’école brûlée lundi, recouverte de suie du sol au plafond.

« Le problème à Corbeil-Essonnes est d’abord celui du rétablissement de l’ordre public », a-t-il ajouté.

Jean-Pierre Bechter, présent lors de la visite et malmené par certains parents, a réaffirmé qu’il n’y avait « pas de dérives » dans sa ville.

Il avait dit lundi soir qu’il « ne pense pas » que ces incendies aient un lien avec sa mise en examen.

La police judiciaire de Versailles a été chargée de l’enquête.