Bernard Cazeneuve a annoncé mardi des effectifs supplémentaires de police à Corbeil-Essonnes, où trois bâtiments municipaux, dont deux écoles, ont été incendiés en deux semaines.

Face à des « acte graves de délinquance », le ministre de l’Intérieur a annoncé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée une brigade de CRS « supplémentaire sur la ville de Corbeil », ainsi que « des moyens supplémentaires de police judiciaire, en adjoignant des effectifs de la direction régionale de police judiciaire de Versailles ».

Promettant « une présence constante » dans le quartier où ces actes se sont produits, il a annoncé aussi « une mobilisation totale des effectifs de la circonscription de sécurité publique et en y adjoignant des effectifs du département ».

« A travers les moyens que nous mobilisons, nous sommes déterminés à démanteler cette poignée d’individus qui constituent une filière organisée du crime », a affirmé le ministre, qui répondait à une question du député socialiste et conseiller général de Corbeil-Essonnes Carlos Da Silva.

Mardi matin, en déplacement à Corbeil-Essonnes au côté de la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, Bernard Cazeneuve avait dit la « détermination » du gouvernement « à faire en sorte que le droit passe ».

Qualifiant l’incendie récent d’un école d’événement « grave », Mme Vallaud-Belkacem a évoqué « une violence physique et symbolique inouïe » destinée « à terroriser la population ».

Trois équipements municipaux ont été incendiés en deux semaines à Corbeil-Essonnes par des voitures-bélier en flammes: une école et une médiathèque du quartier sensible des Tarterêts, dans la nuit du 5 au 6 octobre, et une nouvelle école dans la nuit de dimanche à lundi.

Une partie de la population s’interroge sur l’éventualité d’un lien entre ces incendies et la mise en examen en janvier du maire UMP Jean-Pierre Bechter, dans une enquête sur des soupçons d’achats de vote.

Plusieurs enquêtes en lien avec la mairie, dirigée de 1995 à 2009 par l’avionneur Serge Dassault, sont toujours en cours, pour racket, menaces ou tentatives d’homicide. En avril, le sénateur UMP avait été mis en examen pour « achat de votes », dans la même affaire que Jean-Pierre Bechter.

« La justice doit nous aider à en finir avec les règlements de compte » entre « gangsters », a lancé aux ministres Bruno Piriou, conseiller général Front de gauche.

« Il y a des procédures judiciaires en cours, chacun les connaît », a répondu Bernard Cazeneuve dans l’école brûlée lundi, recouverte de suie du sol au plafond. « Le problème à Corbeil-Essonnes est d’abord celui du rétablissement de l’ordre public. »

Jean-Pierre Bechter, présent lors de la visite et malmené par certains parents, a réaffirmé qu’il n’y avait « pas de dérives » dans sa ville.

Il avait dit lundi soir qu’il « ne pense pas » que ces incendies aient un lien avec sa mise en examen.

La police judiciaire de Versailles a été chargée de l’enquête.