Prostitution: un sujet « tabou » qui touche « des milliers » de mineurs (association)

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Etudiante, dans la rue ou même au collège, la prostitution concerne des milliers de mineurs en France, affirme une association qui lutte contre ce phénomène « tabou », et va lancer une campagne de sensibilisation des parents.

« Nous voulons attirer l’attention sur un sujet tabou, la prostitution des jeunes, voire des très jeunes » en France, a expliqué à l’AFP Armelle Le Bigot Macaux, présidente de l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), qui organisait jeudi un colloque sur ce thème.

L’association ne dispose pas de chiffres officiels, mais estime, en extrapolant à partir de données réunies par les associations et les acteurs de terrain, qu’entre 5.000 et 8.000 mineurs se prostituent en France.

Un chiffre que n’a pas démenti la Fondation Scelles, qui lutte contre la prostitution, présente au colloque. « La prostitution des mineurs n’est pas un sujet nouveau. C’est une réalité peu quantifiable, mais elle augmente », a assuré son président Yves Charpenel, avocat général de la cour de cassation.

« Il y a un chiffre noir très important de choses qu’on ne sait pas », a de son côté reconnu le responsable de la Brigade de protection des mineurs de Paris, Vianney Dyevre, évoquant notamment l’importance de la prostitution sur internet.

Selon l’ACPE, la prostitution des mineurs regroupe la prostitution des étudiantes, qui vendent leur corps pour payer leurs études ou leur loyer, celles des jeunes mineurs roumains, comme les jeunes garçons qui attendent chaque jour sur le parvis de la gare du Nord à Paris pour pouvoir manger, ou encore le phénomène des « lover boys », ces « petits proxénètes mineurs qui monnayent leur copine ».

Mais Mme Le Bigot Macaux déplore également un phénomène encore peu connu, celui d’une pratique prostitutionnelle d’élèves de collèges qui « pratiquent des fellations dans les toilettes » d’établissements aussi bien situés en zone sensible que dans des quartiers huppés, affirme-t-elle. « Pour l’argent » ou « pour faire comme les autres », a-t-elle déploré.

« Cette pratique existe, même si nous n’avons pas de chiffres, car c’est extrêmement dérangeant et pas un établissement scolaire n’en parle. Mais nous avons des remontées de professeurs, qui ont eu les confidences de jeunes filles », explique-t-elle.

Sollicité sur ce phénomène, le ministère de l’Education nationale n’avait pas réagi vendredi.

« Il faut qu’on en parle », dit la présidente de l’ACPE, qui a mis en place, avec l’aide d’enseignants, « un kit pédagogique » à destination des professeurs, et va lancer une campagne de sensibilisation (télé, affichage et presse).

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