Prise en charge des enfants pour absence des profs: des communes envoient la facture à l’Etat

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Le maire de Sceaux (Hauts-de-Seine) Philippe Laurent (UDI), imité par plusieurs de ses collègues du département, a annoncé jeudi l’envoi à l’Etat d’une facture de 864 euros, soit le coût de la prise en charge par sa commune des enfants mercredi matin en raison de la fermeture des écoles pour cause de formation des enseignants.

Le ministère de l’Éducation nationale avait décidé de fermer les écoles là où était organisée une journée de consultation des enseignants sur les programmes de maternelle et le projet de socle commun de connaissances en primaire et au collège.

Les différentes académies avaient prié les municipalités de prendre en charge les enfants. « C’est un effort qu’on (leur) demande, mais c’est pour le bien des enfants », avait déclaré la ministre Najat Vallaud-Belkacem, devant les vives protestations de l’Association des maires de France (AMF).

A Sceaux, « pour ne pas laisser les parents dans le désarroi », cette journée sans école « a nécessité la mise en place d’une garderie qui a rassemblé 202 enfants et mobilisé 24 animateurs de 9h30 à 11h30. Au total, la Ville a dû dépenser 864 euros. Etant donné que cette décision a été imposée, Philippe Laurent a décidé d’envoyer la facture au ministère de l’Éducation nationale », selon un communiqué de la municipalité.

M. Laurent, qui est aussi vice-président de l’AMF et président du Conseil supérieur de la Fonction publique territoriale, demande que la situation soit « assimilée à la mise en place du « service minimal d’accueil  » (SMA) utilisé en cas de grève, et qui est financé par l’État ».

Cette journée de consultation n’a pas lieu partout à la même date. Elle avait lieu mercredi dans l’académie de Versailles, entre autres.

Plusieurs maires communistes de communes relevant de cette académie ont annoncé leur intention d’envoyer eux aussi la facture du surcoût au ministère de l’Education nationale. C’est le cas notamment à Bagneux, Malakoff et Gennevilliers, selon le premier magistrat de Bagneux Marie-Hélène Amiable, qui dénonce une « décision prise sans concertation avec les collectivités et sans se soucier des problèmes que vont rencontrer les parents, notamment ceux qui travaillent ». « L’Education nationale doit s’acquitter de l’ardoise », a-t-elle prévenu.

Les élus locaux sont d’autant plus ulcérés qu’ils sont régulièrement pointés du doigt en raison de la progression des dépenses de fonctionnement des collectivités locales. Ils ont exprimé leur colère après le rapport de la Cour des comptes, mardi, critiquant une hausse de 2,9% de ces dépenses en 2013.

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