Sept étudiants jugés pour une séance de bizutage sur une jeune femme

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Sept jeunes étudiants étaient jugés mercredi par le tribunal correctionnel de Lille, soupçonnés d’avoir bizuté un an auparavant une jeune femme, brûlée au troisième degré lors d’une séance d’intronisation.

Quatre jeunes hommes et trois jeunes femmes sont accusés d’avoir bizuté et pour deux d’entre eux d’avoir giflé une jeune femme le 10 octobre 2013, une étudiante qui venait d’intégrer la classe d’hypokhâgne du prestigieux lycée Faidherbe de Lille.

Ce jour-là, la victime s’était rendue après les cours au rez de chaussée d’un appartement de Lille, afin d’y subir un rite d’intronisation pour intégrer le « KB », le Komité de Bienvenue, une association de loi 1901 chargée de promouvoir l’intégration des nouveaux étudiants.

Une « marraine » de la jeune femme, qui se trouvait mercredi sur le banc des prévenus, l’avait rassurée par texto auparavant : « +tu vas voir, c’est assez déconcertant, montre leur que tu n’as peur de rien+ », lui avait-elle écrit.

Après avoir bandé les yeux de la jeune femme, le chef du KB, baptisé « 69 », lui a fait faire « l’étoile », la faisant tourner plusieurs fois sur elle-même pour la désorienter.

Elle est ensuite arrivée dans une pièce où devait avoir lieu le rituel en ayant apporté une seule bière ce qui a selon elle déplu aux organisateurs du rituel.

Les membres du KB lui ont alors posé des questions dérangeantes, parfois à caractère sexuel, « après avoir été palpée particulièrement au niveau des fesses », a indiqué la victime au tribunal.

« Elle avait du répondant », bredouilla à la barre le chef du groupe, qui a reconnu l’avoir giflée une dizaine de fois.

Lors de cette séance de bizutage, la jeune étudiante a également reçu une brûlure accidentelle à un genou.

« Quand je suis rentrée chez moi, j’ai enlevé le jean et j’ai vu les brûlures : j’ai échappé de peu à une amputation », glisse-t-elle à l’audience après avoir indiqué avoir dû subir deux greffes de peau.

Le procureur a demandé au principal prévenu s’il voulait ressentir « l’ivresse de la domination ».

« La finalité de l’entretien était de mettre une tension », a répondu ce dernier.

Les plaidoiries devaient avoir lieu dans la soirée. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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