Les syndicats ulcérés par les projets sur le travail dominical

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Les syndicats CFDT, CFTC, FO et CGT ont réaffirmé mercredi leur ferme opposition au travail le dimanche, l’intersyndicale du commerce parisien appelant à manifester le 14 novembre contre la proposition du ministre de l’Economie d’autoriser jusqu’à 12 ouvertures dominicales par an.

Lors de la présentation des grandes lignes de son projet de loi pour l’activité, Emmanuel Macron a annoncé que les magasins non alimentaires pourraient ouvrir cinq dimanches par an sur simple demande et jusqu’à 12 dimanches par an, selon la décision des maires des communes.

« Sur ce sujet, la CFTC est prête à montrer les dents, ils serait bon que le ministre, s’il veut bouger les choses, passe par les partenaires sociaux », a réagi auprès de l’AFP Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC.

« Si on veut nous faire croire que résoudre les problèmes économiques et sociaux de la France passe par l’ouverture de quelques grandes surfaces le dimanche, c’est de la poudre aux yeux ».

De son côté, Force ouvrière (section commerce) a dénoncé dans un communiqué une « remise en cause du repos dominical » qui « menace de nombreux emplois dans le commerce ».

« Les propositions de passer à 12 dimanches au lieu de 5 et de permettre aux gares d’ouvrir leurs commerces le dimanche, ne favorisent que les grandes enseignes, c’est la mort du commerce en proximité des gares et en centre-ville », a assuré le syndicat.

Pour la CFDT, « les intentions affichées par le ministre de l’économie, (..) semblent en décalage total avec les attentes de l’ensemble du monde salarial ».

« Le projet annoncé est loin de moderniser l’économie et risque de renforcer le clientélisme politique en donnant aux maires la capacité d’accorder 12 ouvertures dominicales et, d’une manière plus cynique, de les obliger à le faire en créant une concurrence intercommunale », assure la fédération des services de la CFDT dans un communiqué.

L’ouverture dominicale risque également « de pénaliser les salariés des petites entreprises en leur retirant tout droit à compensation et toute liberté de refuser une modification substantielle de leur contrat de travail », souligne-t-elle.

Karl Ghazi, de la CGT du commerce, a fustigé « un nouveau pas vers la généralisation des ouvertures des magasins 7 jours sur 7 et 24H sur 24 ». « On voit bien que cette dérèglementation générale du temps de travail est un tribut que demande le Medef », a-t-il ajouté.

Et, « on se doute bien que le Medef qui pleure toute l’année sur le coût excessif du travail ne va pas accepter durablement des majorations de salaires sur certaines plages horaires », a estimé le syndicaliste qui considère qu' »on ne peut pas dire que le travail coûte trop cher le lundi, le mardi, le mercredi, mais pas le dimanche! ».

« Nous appelons très clairement les salariés à se mobiliser le 14 novembre à Paris contre le projet du gouvernement », a conclu M. Ghazi, également porte-parole du Clic-P (CGT, SUD, CFDT, CFE-CGC et Seci-Unsa), intersyndicale du commerce parisien.

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