Les chercheurs manifestent vendredi à Paris

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Après un périple à vélo de trois semaines à travers la France, le mouvement de mobilisation pour la recherche et l’enseignement supérieur, Sciences en marche, appelle à manifester vendredi à Paris.

Sciences en marche a reçu le soutien des principaux syndicats du secteur, dont le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup-FSU).

En début de semaine, une lettre ouverte sur la situation « dramatique » de l’emploi scientifique, signée par 660 directeurs de laboratoires, a été adressée à François Hollande.

Le cortège parisien partira vendredi après-midi de la Porte d’Orléans en direction de la place Vauban, près de l’Ecole militaire.

« On espère plusieurs milliers de participants », a déclaré à l’AFP Guillaume Bossis, en charge de la coordination.

Les organisateurs n’ont pas été autorisés à manifester aux abords de l’Assemblée nationale, mais ils prévoient néanmoins de rencontrer des députés.

Lancée cet été à Montpellier, l’initiative a mobilisé depuis le 27 septembre plusieurs centaines de scientifiques, qui ont pédalé en petits groupes vers Paris pour sensibiliser le public à leur cause.

Le mouvement réclame davantage de crédits et la création de nouveaux emplois pour la recherche et l’enseignement supérieur, « dans une crise profonde ».

Il revendique la mise en oeuvre d' »un plan pluriannuel ambitieux pour l’emploi », estimant les besoins à environ 3.000 postes nouveaux par an, un renforcement des crédits de base des laboratoires et des universités et la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives.

Il propose de financer ces mesures via un redéploiement du Crédit d’impôt recherche.

La manifestation organisée vendredi s’inscrit dans un climat d’inquiétude et de mécontentement qui monte depuis le printemps dernier.

« On est en train de stériliser le potentiel de recherche dans ce pays », avait averti en juin le Comité national de la recherche scientifique, instance du CNRS qui participe au recrutement de nouveaux chercheurs.

L’Académie des Sciences a estimé la semaine dernière que la situation de la recherche « ne fait hélas que s’aggraver ».

La secrétaire d’Etat à la Recherche, Geneviève Fioraso, qui a rencontré des représentants des scientifiques, a déclaré entendre leur « malaise », tout en mettant en avant une « sanctuarisation » des crédits. Elle a aussi reconnu qu’il y aurait trois ou quatre ans « un peu critiques à passer », en raison notamment d’une forte diminution des départs en retraite.

Mme Fioraso a demandé aux organismes de recherche « de faire des propositions » favorisant l’insertion des jeunes et assuré que la reconnaissance du doctorat était « un des grands chantiers prioritaires » de son ministère.

Mais à ses yeux, un redéploiement du Crédit d’impôt recherche n’est pas la solution. « Ce n’est pas une cagnotte, c’est de l’argent qu’on ne perçoit pas », a-t-elle notamment fait valoir.

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