Vallaud-Belkacem: le débat sur l’évaluation des élèves ne doit pas être « caricaturé »

logo AFP

Le débat sur la nouvelle évaluation des élèves pour les « encourager à apprendre et à progresser » est « complexe » et ne doit pas être « caricaturé », a dit mercredi Najat Vallaud-Belkacem devant le Conseil supérieur de l’éducation (CSE).

La « conférence nationale sur l’évaluation des élèves » a été lancée en juin par l’ancien ministre de l’Éducation, Benoit Hamon, qui s’était dit favorable à une notation plus bienveillante valorisant les progrès de l’enfant.

La séance extraordinaire du CSE, instance consultative, est le premier temps fort de cette réflexion.

Les discussions ont porté sur cinq « questions principales » : « les formes d’une évaluation au service des apprentissages des élèves, l’information donnée aux familles, la place de la notation, les moments de l’évaluation dans les parcours, et le rôle de l’évaluation dans les choix d’orientation et les procédures d’affectation », selon un communiqué du ministère.

Le débat est « complexe » et ne doit pas être « caricaturé », a demandé la ministre dans son discours rendu public, souhaitant qu’on ne lui fasse pas un « procès d’intention en laxisme ».

Il ne s’agit pas de « casser le thermomètre » mais de noter « autrement ». Il n’est pas question de « supprimer les notes » et d' »interdire les zéros », a dit Mme Vallaud-Belkacem, dans une allusion aux critiques de la droite.

La FSU, puissante fédération de l’éducation, et son syndicat du primaire SNUipp-FSU, réclament un débat « ambitieux » et « sérieux », dans des communiqués distincts. Mais pour permettre une évaluation « juste et respectueuse », il faut aussi des « formations (des enseignants) de qualité » et réduire les effectifs des classes.

Il y a « urgence » à abandonner un modèle « méritocratique », juge le SE-Unsa, deuxième syndicat.

La nouvelle évaluation des élèves s’inscrit dans la refondation de l’école initiée par Vincent Peillon qui avait dénoncé un système qui « décourage et produit de l’échec ». La notation doit « indiquer un niveau plutôt que de sanctionner un élève », selon François Hollande.

C’est un sujet qui cristallise les passions. La FCPE, principale fédération de parents d’élèves, demande l’arrêt complet des notes avant le lycée, mais des parents et des enseignants restent très attachés au système de barème sur 20 points, une sorte d' »archaïsme » selon des experts.

« En Finlande, la plus mauvaise note, celle qui signifie que l’élève a échoué est 4/10 et cela change tout. Lorsqu’un élève a 4, il a échoué mais a une chance d’arriver à 5 puis 6, cela ne semble pas insurmontable alors qu’entre 4/20 et 10/20 il y a un gouffre », explique Pierre Merle, sociologue.

Les systèmes de « couleurs et de lettres, ça ne résoud rien », estime André Antibi, professeur émérite à l’université de Toulouse qui a imaginé « l’évaluation par contrat de confiance (EPCC) ». L’évaluation « doit ressembler au système du code de la route, c’est-à-dire proposer des exercices qui ont déjà été travaillés en classe ». Ce système permet de déceler les difficultés.

La conférence nationale, réunissant acteurs du monde éducatif et la société civile, présentera ses recommandations à la mi-décembre à Paris.

Le chantier de l’évaluation des élèves « s’inscrit dans le cadre des grandes réformes pédagogiques en cours », a dit Najat Vallaud-Belkacem, citant : « le nouveau socle commun, les nouveaux programmes de l’école primaire et du collège, la réforme du collège ».

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. ©2014 Agence France-Presse
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos AFP) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.