Procès en appel d’un meurtre devenu emblématique des violences scolaires

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Le drame, devenu emblématique des violences scolaires, avait abouti à l’organisation d’états généraux sur la sécurité à l’école: le procès en appel d’Islam Belkebir, pour le meurtre en 2010 d’un autre élève de son lycée, s’est ouvert mercredi devant les assises de Seine-Saint-Denis.

Le jeune homme, aujourd’hui âgé de 23 ans, avait été condamné en première instance à douze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Val-de-Marne pour avoir mortellement poignardé Hakim Maddi, élève comme lui du lycée Darius-Milhaud au Kremlin-Bicêtre, en région parisienne.

Le parquet, qui avait requis une peine de 20 ans de réclusion, avait fait appel de la décision. Il encourt jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.

Le 8 janvier 2010 au matin, pendant la récréation, une altercation avait opposé les deux jeunes de 18 ans dans un couloir de leur établissement. Hakim voulait s’expliquer avec Islam car il estimait qu’il avait mal parlé à sa soeur Ammel en lui demandant du Tipp-Ex en classe la veille.

Les deux élèves, qui ne se connaissaient pas, s’étaient retrouvés dans un des bâtiments du lycée où le ton était vite monté. Après un échange de coups, Islam avait sorti un couteau de cuisine et avait poignardé son camarade à trois reprises, avant de prendre la fuite.

Le drame avait provoqué une très vive émotion mais aussi une forte indignation devant la montée de la violence scolaire, qui avait motivé l’organisation d’états généraux sur la sécurité à l’école à l’initiative du gouvernement.

Mercredi, ce frêle jeune homme brun au fin collier de barbe, vêtu d’un jean et d’un pull noir, est timidement revenu sur son enfance dans une fratrie de sept enfants, passée jusqu’à ses 14 ans en Algérie, sur son arrivée en France en 2005 et ses relations conflictuelles avec sa mère.

En rupture familiale, plusieurs fois exclu d’établissements scolaires, Islam, qui n’était pas connu de la justice, s’était souvent muré dans le silence devant les enquêteurs et lors de son procès en première instance.

« J’aime pas trop parler de moi, ni rentrer dans les détails », a maintenu l’accusé au premier jour de son procès en appel.

Le verdict est attendu vendredi soir.

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