Incident à propos du port du voile à l’IEP d’Aix-en-Provence

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Un incident a éclaté à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) après qu’un professeur eut désapprouvé publiquement, durant un cours, en début de semaine, le port du voile par une de ses étudiantes.

« La laïcité est un principe qui ne peut pas se découper en tranche », a déclaré jeudi à l’AFP Jean-Charles Jauffret, professeur d’histoire à l’IEP pour justifier sa réaction négative face à une étudiante de première années portant une longue tenue noire la cachant intégralement à l’exception du visage.

Mardi, alors que la jeune fille assistait à un de ses cours dans l’amphithéâtre de l’IEP, l’enseignant l’a directement prise à partie lui reprochant sa tenue, la désignant comme « cheval de Troie du salafisme ». La jeune fille a alors quitté l’amphithéâtre.

« Nous n’avons pas à accueillir de prosélytisme », a indiqué à l’AFP, M. Jauffret qui éprouve « de la pitié pour l’étudiante » mais revendique son droit à rester « totalement libre de (s)a parole » quand bien même « il n’est pas question de mettre la jeune fille hors de l’amphithéâtre ».

« On recherche l’apaisement », a pour sa part indiqué à l’AFP Christian Duval, directeur de l’IEP, précisant qu’il n’était « pas question de stigmatiser le professeur qui a un principe de liberté constitutionnelles ni l’étudiante ».

« A partir du moment où on peut l’identifier elle peut être vêtue comme elle veut », plaide-t-il.

M. Jauffret dit se baser « totalement » sur le rapport du 9 août 2013 du Haut comité à l’intégration qui « proscrit le port de signe ostensible et ostentatoire d’appartenance à une religion quelle qu’elle soit ».

La loi de 2004 qui interdit le port de signes religieux à l’école ne s’applique toutefois pas aux établissements d’études supérieures. « On peut tolérer les petits signes, mais pas de là à passer au Niqab (le voile intégral, ndlr) », s’emporte le professeur d’Histoire. La tenue de l’étudiante « c’est le drapeau noir de l’Etat islamique », juge-t-il.

L’étudiante a refusé de s’exprimer après l’incident, inscrit à l’ordre du jour du conseil académique de l’IEP qui se réunit vendredi.

Le conseil devrait proposer la création d’un comité d’experts pour « insérer dans notre règlement les dispositions adéquates », soumises ensuite à l’appréciation du juge, a-t-il précisé.

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