Près d’un tiers des profs utilisent des manuels numériques (enquête)

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Près d’un tiers (29%) des professeurs utilisent des manuels scolaires numériques, un usage qui a presque doublé en trois ans, selon une enquête TNS Sofres publiée mardi par l’association Savoir livre, qui regroupe six éditeurs scolaires.

Ces usages sont plus répandus dans le secondaire (35% des professeurs contre 20% en 2011) que dans le primaire (20% contre 8% en 2011), « principalement pour des raisons d’équipements et de crédits d’acquisition des ressources », selon l’enquête.

Dans le secondaire, les professeurs de maths et de physique-chimie sont ceux qui se servent le plus de manuels numériques (46%), suivis par les professeurs d’histoire-géographie (38%), de sciences économiques et sociales (SES) et d’anglais (34%). Viennent ensuite les professeurs d’espagnol et d’allemand (33%), de sciences et vie de la terre (SVT, 31%), de technologie (27%), et de français/lettres (24%).

« Les usages sont essentiellement collectifs », pour 93% des élèves, « en complément du manuel papier », a expliqué lors d’une conférence de presse Isabelle Magnard , présidente de Savoir Livre, qui regroupe les éditeurs scolaires Belin, Bordas, Hachette, Hatier, Magnard et Nathan.

Seuls 7% des élèves sont équipés individuellement en manuels numériques: parmi eux, 25% y accèdent sur les ordinateurs de l’établissement, 31% à leur domicile et 45% via l’ENT (espace numérique de travail, en classe ou au domicile).

Outre le manque d’équipements et de crédits, les principaux freins au développement sont un manque de formation et des problèmes techniques pour près d’un professeur sur deux.

Quelque 77% des utilisateurs de manuels numériques enseignent dans le public, 11% en ZEP.

Le manuel numérique « capte l’attention de toute la classe », selon 83% des répondants, « stimule la curiosité des élèves et les motive » pour 74%.

L’idée d’un portail recensant toutes les ressources numériques des éditeurs est plébiscitée par 98% des enseignants. Les trois quarts sont hostiles à une sélection des ressources pédagogiques par l’institution scolaire ou des collectivités territoriales.

Seuls 15% des enseignants pensent qu’à moyen terme le manuel numérique supplantera le papier (9% en 2011).

« Ce qui manque, c’est de passer à l’échelle de la personnalisation. Cela ne peut se faire que si chaque enfant dispose d’un support individuel », a estimé Isabelle Macé, présidente du groupe éducation au Syndicat national de l’édition (SNE).

Alors que le gouvernement s’apprête à annoncer un plan numérique pour l’école, « il faut investir dans la durée », en s’appuyant sur des projets pédagogiques au niveau local, avec des « acquisitions de ressources », a-t-elle ajouté.

Les manuels numériques, pour partie offerts gratuitement, représentent 1 à 2% du chiffre d’affaires des éditeurs scolaires, a précisé à l’AFP Pascale Gélébart, directrice de Savoir Livre. « Les éditeurs ont investi 25 millions d’euros les trois dernières années, il n’y a pas 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en face ».

Enquête TNS Sofres réalisée entre le 19 avril et le 12 mai 2014 avec 15.283 questionnaires remplis en ligne dont au moins 2.000 pour chacun des niveaux école, collège, lycée d’enseignement général et technologique et lycée professionnel. Echantillon redressé pour permettre une comparaison avec une étude de 2011.

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