ESPE : « mes stages d’observation m’ont grandement aidée »

Les jeunes enseignants tout juste sortis d'ESPE ont effectué leur première rentrée en septembre. Deux d’entre eux racontent leurs débuts dans la cour des grands.

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Ecole © contrastwerkstatt

« Mes stages d’observation m’ont grandement aidée, dans la mise en place des rituels du matin et pour trouver des idées d’activités sur le langage ! » Après quelques semaines de classe, Mélodie, enseignante remplaçante de longue durée, en moyenne et grande section de maternelle aux Lilas, porte un regard bienveillant sur sa formation transitoire en ESPE. (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation). Ouvertes en septembre 2013 en remplacement des IUFM, les ESPE ont pour mission de mieux former les futurs enseignants, en musclant notamment les périodes de stages en alternance tout au long du master 2. Cette dernière année d’études se révèle cruciale : elle professionnalise l’étudiant avant sa première rentrée. Et pour cette année scolaire, année de transition dans la formation en ESPE, le professeur restera encadré par un maître formateur (ce ne sera plus le cas pour l’année scolaire 2014-2015, où l’étudiant futur enseignant aura bénéficié de deux années complètes de formation en ESPE).

Sabrina, professeure en grande section à Fontenay-sous-bois, éprouve la même satisfaction : « J’ai eu la chance d’avoir deux enseignants exceptionnels lors de ma formation en master, grâce auxquels j’ai obtenu une multitude de fichiers ressources, d’aides et de séquences utilisables pour la maternelle. Les stages m’ont aussi permis de rencontrer des professeurs avec qui je suis restée en contact et qui répondent à mes questions. »

« Une quantité de travail astronomique »

Même si un premier contact avec des élèves a déjà été établi lors des stages en alternance, tout reste à construire la première année. « La maternelle est mon domaine de prédilection », poursuit Mélodie, « l’an dernier, j’enseignais dans une classe de petite et moyenne section un jour par semaine. Les enfants m’écoutent et sont intéressés par ce que je mets en place. J’ai néanmoins été aidée par mon collègue pour organiser mon programme annuel. Sans cela et mon expérience, je pense que j’aurais vite été perdue… » Ce bilan contrasté, Sabrina le partage aussi : « J’ai eu la chance de choisir mon niveau pour ma première année d’enseignement, mais la quantité de travail est astronomique. J’arrive à l’école vers 8 heures pour débuter à 8h50 mais je ne repars jamais avant 19 heures ». De l’avis de cette enseignante, les nouveaux rythmes compliquent un peu plus la tâche : « Dans ma commune, les enfants sont en pause méridienne de 12h à 14h15 et on les retrouve exténués l’après-midi. Les journées sont plus longues et il est donc très difficile de mettre en place des apprentissages l’après-midi. »

Composer avec l’imprévu

La préparation des apprentissages reste l’une des difficultés majeures des jeunes professeurs, comme l’indique Mélodie : « J’enseigne sur deux niveaux de classe, il faut donc que je réussisse à mettre en place un programme différencié, à la fois pour les moyens et les grands ». Il faut aussi savoir gérer les imprévus. Sabrina s’est par exemple retrouvée confrontée à un enfant qui perturbe sa classe. « Cet élève a constamment besoin de ma présence et doit bénéficier d’une AVS (auxiliaire de vie scolaire) mais rien n’a encore été fait. »

Ces difficultés devraient être abordées avec le maître formateur, « trop peu présent » au goût des deux nouvelles professeures des écoles. « La plupart des maîtres formateurs sont débordés : ils doivent nous épauler ainsi que les M2 », explique Mélodie. « Deux jours seulement avant la rentrée, poursuit-elle, nous avons eu une réunion de circonscription nous informant de notre niveau de classe et du lieu de notre école. J’ai ensuite rencontré un conseiller pédagogique qui m’a donné quelques pistes pour installer mon autorité et un bon rythme de travail. » Sabrina, elle, attend toujours sa réunion d’information avec un conseiller pédagogique.

 

Maelenn Le Gorrec

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